Téléscopage intéressant, ce week-end. Alors qu'on découvrait que les banques françaises s'apprêtent à adopter une sorte de "code éthique" concernant la rémunération de leurs traders (leurs opérateurs de marchés), le plus célèbre d'entre-eux faisait sa première apparition télé. Jérôme Kerviel (c'était sur TF1) a pu s'exprimer longuement, se justifier, donner sa version des faits, "défendre son honneur" comme il dit, en renvoyant la principale responsabilité du scandale sur son ancien employeur, la Société Générale. Avant le futur procès, l'opération vise, évidemment, à "mettre l'opinion de son côté". Sa ligne de défense (et de communication) est claire : Jérôme Kerviel reconnaît des "erreurs" mais, surtout, "charge" au maximum le "système", système des salles de marché qui rend l'argent "fou" et les milliards totalement "virtuels". Dans l'entretien d'hier, il évite soigneusement de parler de ses "bonus" (il en a touché pourtant, même s'ils n'étaient pas très élevés): pour sa défense, mieux vaut ne pas s'étendre sur ce point (c'est évident). C'est pourtant ces "bonus" qui sont désormais dans le collimateur, accusés d'être à l'origine de beaucoup de dérives du système financier. La France montre l'exemple, puisque (c'est l'autre information du week-end) les banques françaises vont proposer au gouvernement, qui en a fait une contrepartie de son aide, de modifier leur calcul. "Pas de plafonnement", ce serait pourtant une vraie révolution, mais un calcul différent qui s'attaque, cela dit, au coeur de problème : la déconnection, jusqu'ici, de la rémunération des traders du risque qu'ils font prendre à leur banque, et (on l'a compris depuis Lehman Brothers) à tout le système ! Aujourd'hui, les opérateurs de marchés touchent des bonus sur les gains immédiatement réalisés sans prise en compte du rendement complet de l'opération qui ne peut se calculer qu'au terme des opérations, quelques années plus tard. La France innove, donc, en la matière. La Grande-Bretagne va en faire autant. Que vont faire les Etats-Unis ? C'est évidemment, quand on parle "finance", un point essentiel : les plus gros "bonus" accordés aux traders, on les trouve notamment à Wall Street ! 6 milliards d'euros pour Renault et PSA. Un prêt à taux préférentiel de 3 milliards d'euros chacun. Pour surmonter la crise. Information du "Figaro" et des "Echos", ce matin, qui devrait être confirmée dans la journée par l'Elysée. Cette aide s'accompagne d'une autre enveloppe, destinée aux sous-traitants équipementiers. Elle s'accompagne également de contreparties : l'engagement, de la part de Renault et de PSA, de ne pas fermer d'usine en France, ni de licencier massivement pendant la durée du prêt. Condition supplémentaire : les dividendes, versés aux actionnaires, et les bonus, accordés aux patrons, devront être "limités". Nissan, à son tour. Le partenaire de Renault au Japon, annonce des pertes financières et la suppression de 20 mille emplois, dans le monde. 780. Aux Etats-Unis, le Plan de relance de Barack Obama est désormais chiffré à 780 milliards de dollars. Vote attendu, aujourd'hui, au Sénat, à Washington. Le moral des cadres. Notre baromère Viavoice/HEC/Réussir/France 24/France Inter. Si la motivation des cadres au travail reste forte, leur perception de la situation économique, en revanche, se dégrade. Seuls 18% des cadres aujourd'hui estiment disposer d'opportunités pour progresser dans leur carrière, au cours des prochains mois.

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