C'était, hier soir. A l'occasion d'une "web conf", une conférence de presse sur internet. C'est très pratique: le journaliste peut-être chez lui, avec ses enfants qui courent autour de lui, et en même temps (à la fois au téléphone, et sur son écran d'ordinateur), il peut participer au bilan quotidien qu'effectue RTE, la filiale d'EDF, chargée de gérer le réseau électrique, réseau qu'on surveille "comme le lait sur le feu", depuis le début de la vague de froid. Hier soir donc, les responsables de RTE ont annoncé un nouveau record de consommation: à 19h, les Français ont consommé 101 700 mégawattheures. "Tout s'est passé dans de bonnes conditions, avec des marges de sécurité" a expliqué le responsable de RTE. Les moyens de productions français ont tourné à plein régime. Comme nos capacités d'importation. Hier, à 19h (comme mardi à la même heure), la France a acheté de l'électricité à tous ses voisins: britannique, allemand, belge, suisse, italien et espagnol. RTE le répète: la situation est exceptionnelle à plusieurs titres. Les températures sont très basses (de 10 degrés en dessous des normales). Cette vague de froid est générale (tout le pays est concerné). Et, surtout, elle dure: le froid s'accumule dans les murs des maisons et des immeubles. Et donc, chaque jour, on pousse un peu plus encore le chauffage. Toute l'Europe est concernée: le Allemands, hier, ont ainsi fait tourner certaines centrales nucléaires officiellement fermées. Autre conséquence: le prix de gros de l'électricité -celui payé par les distributeurs- s'envole. Preuve que l'offre commence à se faire rare. Mardi, le mégawatteur s'échangeait, sur ce marché au jour le jour, au dessus de 110 euros. Hier, le prix s'est envolé: 370 euros en moyenne. Mais c'est bien pire, sur un autre segment de ce marché libre de l'électricité: celui du mégawatteur "la veille pour le lendemain". Là, le prix est fixé pour une heure donnée de la journée (il est, du coup, très volatile), mais permet de constater que le matin est aussi devenu un moment "critique", pendant cette vague de froid. Le mégawattheure pour livraison aujourd'hui entre 10 et 11h, a atteint, hier, le prix de mille 938 euros et cinquante centimes. Presque 2 mille euros, quand le prix du mégawattheure "nucléaire" (de base) est de 40/50 euros. Pour les particuliers, qui bénéficient d'un tarif réglementé, la facture ne va pas s'envoler. Mais pour les fournisseurs d'électricité, qui doivent en permanence arbitrer entre leurs contraintes techniques et les données économiques du marché, le travail est très complexe. Mais pas forcément perdant puisque, théoriquement, un acheteur, à un moment donné, peut devenir vendeur, l'heure d'après.

Fâchés. Les syndicats sont très fâchés par un article de Loi, passé jusqu'ici inaperçu, sur le temps de travail. Après la CGT, Force Ouvrière, c'est au tour de la CFDT de dénoncer cet article de Loi, ajouté il y a 10 jours, à la proposition de Loi dite "Warsmann". Il propose de moduler, sous certaines conditions, le temps de travail dans les entreprises. Or, c'est exactement l'objet des négociations que vient de lancer Nicolas Sarkozy sur les Accords compétitivité-emploi (elles doivent commencer la semaine prochaine). Pour les syndicats, l'adoption définitve de cet article serait un "déni de démocratie sociale", un "coup de force" du gouvernement.Enervés. En Grèce, les partis de la coalition sont tout proches d'un Accord (dit-on) pour une nouvelle vague d'austérité, condition réclamée par l'Europe et le FMI, pour débloquer de nouveaux prêts au pays. Un point de blocage subsiste: la baisse envisagée des pensions de retraites. Les responsables grecs ont jusqu'à ce soir pour s'entendre.

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