"On envoie le robot Philae sur une comète, et on ne serait pas capable de mettre en place, en France, un tiers payant généralisé?" C'est Marisol Touraine qui a eu ce bon mot, il y a quelques jours. La ministre de la Santé, qui est très critiquée pour sa méthode dans ce dossier ("elle n'a pas été d'une adresse folle" commente l'un des acteurs du dossier, favorable au tiers payant), la ministre joue la carte de l'humour, et du bons sens surtout, pour tenter de désarmorcer une crise qui s'enlise, avec les médecins. François Hollande, lui, la semaine dernière, a fait une promesse lors de sa conférence de presse: "le tiers payant (généralisé) ne sera mis en place que si un mécanisme simple (...) est trouvé", a dit le Présdient de la République. Cette petite phrase a été analysée comme le début d'un possible recul mais c'était, peut-être, tout l'inverse. Parce qu'une solution "simple" était effectivement en train d'être élaborée, et François Hollande s'exprimant, jeudi dernier, le savait parfaitement. Cette solution, elle a pris forme, vendredi soir ("tard", selon un témoin), lors d'une réunion de l'ensemble des complémentaires santé du pays: mutuelles, organismes de prévoyance, assureurs. Rien que d'arriver à mettre tout ce monde-là dan sune même pièce, pour trouver un Accord, c'est déjà un exploit... Dans un communiqué, publié hier, ils s'engagent sur un calendrier, une méthode, et un objectif: la généralisation du tiers payant en 2017. Selon l'un des participants de cette réunion: "avec cette initiative, les complémentaires santé, répondent aux principales préoccupations des médecins". D'abord, sur l'évaluation des droits de chaque patient. Les complémentaires s'engagent à la simplicité: "le patient tend sa carte vitale, l'ordinateur dit si oui ou non, il bénéficie d'une couverture complémentaire. S'il y a erreur, ou mauvaise actualisation du dossier, le médecin sera, quoiqu'il arrive, payé. Autre engagement: le paiement des actes, un "bout" provenant de l'Assurance maladie, un autre de la complémentaire. Ces paiements arriveront le même jour, sur le compte du professionnel de santé. L'objectif est d'obtenir un délai raccourci de 5 jours. Et bien, ce n'est pas gagné. Malgré tout ça, hier soir, un représentant des médecins se disait encore... "très dubitatif".

Equation. A Athènes, Alexis Tsipras maintient son programme de réformes. "Mon gouvernement honorera toutes ses promesses: c'est une question d'honneur et de respect": déclaration, hier soir, du nouveau Premier ministre grec. C'était à l'occasion de son discours de politique générale, devant le Parlement. Alexis Tsipras a donc, confirmé la réinstallation de l'ancienne télévision publique ERT, la "ré"embauche des fonctionnaires licenciés illégalement. Le salaire minium sera, lui aussi ramené à son ancien niveau (750 euros) mais de manière graduelle. Comme dans le même temps, Alexis Tsipras promet de poursuivre le paiement des intérêts de la dette grecque, on comprend que son équation budgétaire sera compliquée. Cette semaine, il va demander, à nouveau, à ses partenaires européens, un délais -un "programme d'aide-relais", jusqu'à la fin juin.

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