La petite phrase du gouverneur de la Banque de France n'est pas passée inaperçue. On peut d'ailleurs imaginer qu'elle a été lâchée exactement pour cela: pour commencer à marquer les esprits, à préparer l'opinion. Christian Noyer, vendredi, a révélé qu'il envisage sérieusement d'empêcher la hausse programmée de la rémunération du Livret A. L'affaire est très sensible évidemment: un Livret A, c'est l'un des produits d'épargne préféré des Français. Et 2011 a été une excellente année pour lui: la collecte a été très bonne, notamment parce que le taux de rémunération des dépôts est en hausse. Il est fixé à 2,25% aujourd'hui... et, selon toute vraissemblance, il doit encore grimper. Le taux du Livret A (on le sait) est indéxé sur l'inflation. C'est une formule très précise qui fixe son niveau, 2 fois par an. La prochaine fois, c'est le 1er février (dans 3 semaines). Mais, c'est dès jeudi (dans 3 jours) qu'on doit en savoir plus puisque c'est le jour de la publication de l'inflation du mois décembre (celle qui sert au calcul). Si l'inflation reste sur son rythme actuel -c'est l'hypothèse la plus probable-, le taux de rémunération du Livret A devrait grimper à 2,75%. Une véritable "aubaine" pour les épargnants! Mais, voilà: la Loi donne aussi au gouverneur de la Banque de France la possibilité d'empêcher cette hausse. Il doit, pour cela, avancer des "circonstances exceptionnelles" et c'est bien l'intention de Christian Noyer. Il avance un seul argument à ce stade (qui peut surprendre): l'inflation, si elle était en hausse fin 2011, a toute les chances de diminuer, dans les prochains mois. Autrement dit: ce serait ridicule d'augmenter le taux du Livret A maintenant, pour devoir le rabaisser dès le 1er août prochain. Les détenteurs de Livret A ne seront certainement pas du même avis: 6 mois, c'est toujours bon à prendre! En fait, si on tente de décrypter, le gouverneur de la Banque de France s'inquiète de voir l'épargne à court terme (le Livret A) rapporter autant, et même parfois plus, que l'épargne longue (l'assurance-vie, mal en point depuis quelques mois). Ce serait ça, l'argument économique avancé. Doublé d'un soucis politique, qui ne doit pas laisser l'Elysée insensible: si l'inflation devait fortement ralentir, au début de cette année, c'est dès le 1er mai que la baisse du taux du Livret A devrait être décrêtée. Soir exactement entre les 2 tours de la Présidentielle..

Pas emballés. L'élection présidentielle à venir n'emballe pas les cadres! C'est ce qui ressort de notre Baro-éco "France Inter, Viavoice, HEC, le Figaro". A la question "la Présidentielle est-elle, pour vous une source d'espoir", 2 tiers des cadres intérrogés répondent NON. Ils sont même 71% sans espoir pour l'élection, dans les grandes entreprises. Le résultat contraste avec 2007, où la Présidentielle avait "dopé" le moral des cadres jusqu'à un niveau "historique". Cette année, "la crise économique renforce l'impression d'impuissance des politiques", selon Viavoice.Pas fâchés? Nicolas Sarkozy, à Berlin, aujourd'hui. Le Président français doit évoquer avec la Chancelière Angela Merkel, la situation en Europe mais aussi la Taxe sur les Transactions Financières.Pas finis? SeaFrance: nouvelle audience au Tribunal de Commerce de Paris, aujourd'hui sur l'avenir de la compagnie maritime. Dans Libération, le patron d'Eurotunnel, Jacques Gounon, affirme vouloir soutenir le projet de SCOP, en rachetant les bateaux pour les louer, ensuite, à la coopérative.

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