Les associations de consommateurs parlent de "provocation", ne décolèrent pas depuis hier et les propos de Pierre Gadonneix. Le patron d'EDF demande une hausse de 20% -étalée sur 3 ans- des tarifs d'électricité en France ! Pierre Gadonneix juge le rattrapage nécessaire : il rappelle que depuis 25 ans, les tarifs de son entreprise ont progressé bien moins vite que l'inflation. S'ils avaient suivi la même progression, explique-t-il, ils seraient aujourd'hui 40% plus chers ! D'où cette demande, qu'il justifie, encore, par les efforts d'investissements de son entreprise : 35 milliards d'euros au total, sur la période 2008-2010. Les Associations de consommateurs, elles (et c'est très classique) ne voient pas, du tout, les choses de la même façon : leur préoccupation "première" c'est, évidemment, le pouvoir d'achat des ménages et l'avenir des tarifs réglementés (fixés par l'Etat), qui ont garanti jusqu'ici aux consommateurs français une certaine modération dans l'évolution des tarifs de l'électricité. Car c'est aussi une demande du patron d'EDF : qu'on remette à plat ce système, avec une nouvelle formule de calcul des tarifs, qui lui serait plus favorable, si on prenait en compte les coûts de production. Comme on le fait pour le gaz. Voilà les arguments, des uns et les autres, sur la table. Le débat est lancé. Le gouvernement tranchera. Mais reste la manière : cette demande d'augmentation des tarifs arrive -pile !- au terme de l'appel au public, lancé par EDF pour son "grand emprunt". Les 2 affaires n'ont rien à voir, disent les spécialistes. N'empêche : alors que le grand emprunt est un succès (270 000 souscripteurs ; au moins 3,2 milliards d'euros récoltés), EDF donne l'impression de remercier les Français pour la "confiance" accordée, en réclamant une hausse massive de ses tarifs ! Autrement dit : les intérêts dûs à l'épargnant seront payés par le consommateur, c'est-à-dire le même ! Pourquoi pas... mais EDF aurait pu annoncer la couleur avant, et non pas après, le lancement de son grand emprunt. Le gouvernement prépare la "plus grosse baisse d'impôt" de l'histoire ! C'est le rapporteur du budget, à l'Assemblée nationale, l'UMP Gilles Carrez, qui le dit. Et c'est le quotidien "Les Echos" qui a fait le calcul, ce matin : plus de 6 milliards d'euros d'impôts en moins. Pas pour les ménages mais pour les entreprises, puisque ce serait le résultat de la suppression de la Taxe professionnelle. Bercy, hier, a présenté une nouvelle mouture de son dispositif (qui passe, par ailleurs, par un relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée) mais rien est décidé encore à ce stade. Le gouvernement se donne jusqu'à la fin du mois et poursuit ses consultations. Il doit aussi trancher la question de la "taxe carbone", que devront payer également les entreprises. Les experts, chargés de plancher sur le sujet, doivent aujourd'hui, formuler leurs propositions. Air France KLM s'enfonce dans la crise. La compagnie, ce matin, n'exclut plus des mesures de chômage partiel dès la rentrée. De l'eau dans le gaz... L'amende massive infligée hier par Bruxelles, à GDF Suez et e.ON : 533 millions d'euros chacun. Les 2 groupes sont accusés de s'être partagés les marchés du gaz français et allemand. Ils vont faire appel. Sur la base de cette condamnation (et si elle est confirmée), particuliers et entreprises pourront attaquer en justice pour réclamer des dommages et intérêts.

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