RTE publie, ce matin, son bilan prévisionnel. Le gestionnaire du réseau électrique français est très clair : "à partir de 2016, la France n'aura plus de marge de sécurité pour son alimentation en électricité". Un black-out serait même possible.

Un communiquant du patron de GDF Suez n’avait pas trouvé très bonne la photo, à l’époque. «Il est trop éclairé, un peu surexposé, non?». Peu importe. De l’interview de Gérard Mestrallet, publiée par le journal "Le Monde", fin mai, ce n’est pas cette grande photo qu’on a retenue, mais sa déclaration choc: «l’Europe de l’énergie est un échec». Et celle-ci, plus marquante encore: «Jamais le risque de black-out n’a été aussi fort qu’aujourd’hui!». Le patron de GDF Suez décrivait, alors, le scénario du pire: «un hiver, avec un anticyclone glacial sur l’Europe». Une demande très forte de chauffage, mais pas de vent pour faire tourner les éoliennes et pas de soleil, non plus, pour faire fonctionner les panneaux photovoltaïques. Seules, dans ce cas, les centrales à gaz peuvent assurer l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité. Mais problème, affirmait Gérard Mestrallet: ce sont précisément elles qu’on ferme, en ce moment parce qu’elles ne sont plus rentables !

Scénario «pour faire peur», scénario d’un patron qui défend son marché, ses revenus et ses bénéfices, voilà ce qu'on pouvait se dire à l’époque. Sauf que ce matin, RTE, le gestionnaire -public- du réseau électrique français s’apprête à dire, grosso modo, la même chose.

Rappelons: RTE, c'est lui qui est chargé (depuis la libéralisation du marché) de dire si l'offre et la demande d'électricité sont équilibrées. Un travail à la minute: à chaque instant, cet équilibre doit être obtenu, sans quoi on manquerait de courant. Un travail d'anticipation aussi: c'est l'objet du "bilan prévisionnel" pour les 5 prochaines années, qui sera rendu public, tout à l'heure.

Avec cette conclusion: à partir de 2016, la France n'aura plus de marge de sécurité, en matière d'alimentation électrique. Plusieurs raisons à cela: les nouvelles normes environnementales, qui poussent à la fermeture des installations les plus polluantes, d'ici à 2015. La montée en puissance des énergies renouvelables: subventionnées, prioritaires sur le marché, elles le destablisent, affirment nombre de professionnels.

Résultat: des projets de nouvelles centrales sont abandonnées, des centrales au gaz (devenu plus cher que le charbon), sont mises en sommeil. Nos capacités de production fondent. Page 41 de son rapport, RTE conclut: "une vague de froid, comme en février 2012, conduirait à une défaillance quasi-certaine en 2016". "Il existe des parades pour éviter le black-out" explique Dominique Maillard, le patron de RTE (pour redonner envie d'investir, pour "effacer" des clients lors des pointes de consommation) mais, dès maintenant, la vigilance s'impose.

Luxe. LVMH s'offre le champion italien du cachemire. Loro Piana, entreprise familiale italienne, spécialisée dans le lainage rare. Laine mérinos d'Australie et de Nouvelle-Zélande, le cachemire de Mongolie, la fibre de la tige de fleur de lotus, mais aussi le poil de Vigogne de la Cordillère des Andes. Le "must" étant le tissu crée à partir de la tonte des plus jeunes animaux, une seule fois avant leur premier anniversaire. Bref: c'est un savoir-faire unique, qui coûte cher: LVMH va débourser 2 milliards d'euros pour acquérir 80% du capital de la marque italienne.Pauvres. C'est une première: l'Autorité de contrôle des banques vient de condamner LCL a payer 2 millions d'euros d'amende pour avoir manqué à ses obligations sur le "droit au compte". C'est-à-dire l'obligation faite aux banques d'ouvrir un compte à qui le demande, même si c'est une personne sans moyens. LCL est sanctionné pour avoir prélévé des commissions et des frais indus. Elle a plaidé l'erreur technique, et affirme avoir remboursé ses clients.

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