Quand on dépose une lettre, dans une boîte jaune de la Poste, on se demande toujours quand son courrier arrivera, finalement, dans les mains de son destinataire. Le lendemain ? Le surlendemain ? Plus tard encore ? Rien n'est vraiment sûr. Résultat : quand il y a une date impérative, on prend ses précautions généralement, et on poste son courrier le plus tôt possible. En fait, aujourd'hui, plus de 8 lettres sur 10 arrivent dès le lendemain chez leur destinataire (même s'il existe de très fortes disparités, d'une région à l'autre). C'est ce qu'on appelle, le "J+1". C'est depuis longtemps un objectif fixé par l'Etat. En 2012, la Poste est même priée d'obtenir ce "J+1" dans 90% des cas : un courrier livré, donc, dès le lendemain. C'est l'objectif ou plutôt c'était l'objectif. Hier (c'est donc une chronique J+1!), "Les Echos" ont révélé que la Poste aimerait, en fait, abondonner cet objectif pour passer au "J+2": garantir l'arrivée du courrier le surlendemain, seulement. Le gouvernement, hier soir, a démenti. La Poste aussi. Mais l'idée, en fait -c'est très clair- est bien à l'étude : elle a déjà été évoquée, d'ailleurs, récemment, devant des députés, par le patron actuel de la Poste. Jean-Paul Bailly avance plusieurs arguments. Le premier est écologique : passer au "J+2" permettrait de réduire les émissions de Co2, en évitant, par exemple, de faire circuler des camions et des avions, à moitié vides. Il y a aussi l'argument économique : prendre un peu plus de temps, c'est limiter le recours aux avions de nuits (très chers), c'est utiliser les machines de tri de façon plus intensive. Ensuite, il y a les arguments en direction des usagers. Le "J+2" permet de retarder les horaires de levée du courrier. Aujourd'hui 4 boîtes sur 5 sont relevées avant 13h ! Enfin, l'argument "massue": il n'y aurait plus de forte demande pour le "J+1". Les particuliers se servent d'Internet -du mail- de plus en plus. Les entreprises préfèrent, elles, payer moins cher, en choisissant un "J+2". Au Parlement, un certain consensus Droite/Gauche semble se dégager. Ce "sacro-saint" J+1 n'est plus vraiment un enjeu. En revanche, le nombre de postiers dans les campagnes, les jours de distribution (6 jours sur 7... du lundi au samedi) restent des "points" intouchables pour beaucoup. Après le "vote vert", l'impôt "vert"! La création de cette "Contribution Climat Energie" est prévue depuis quelques temps. Notamment pour compenser la suppression prévue d'une partie de la Taxe professionnelle. Mais c'est demain (3 jours après les élections européennes et le succès des écologistes) que Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo lancent le processus qui doit mener à la création de cette nouvelle "Taxe pour le climat": les entreprises, les administrations, mais aussi peut-être les ménages seraient ainsi taxés, en fonction de leur consommation, directe ou indirecte, en énergie fossile. Bercy souhaiterait instaurer cette nouvelle contribution, dès l'année prochaine. La prime à la casse va coûter plus cher que prévu à l'Etat. Beaucoup plus que les 220 millions d'euros anticipés. 175 000 voitures ont été vendues grâce à elle depuis sa création, début décembre. On n'est pas loin d'un véhicule neuf sur 4, vendu grâce à cette prime. 1 sur 2 l'est aussi grâce au "bonus écologique". Autant dire que c'est l'Etat qui soutient le secteur automobile à bout de bras. Remboursez ! Aux Etats-Unis, 9 banques devraient être autorisées, aujourd'hui, à rembourser l'aide publique qui leur a été accordée au plus fort de la crise, à l'automne dernier. Pour ces banques, il s'agit, surtout, de se libérer de la tutelle de l'administration Obama.

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