Les Sénateurs ont adopté, cette nuit, le projet de Loi sur le dialogue social dans les TPE, les Très Petites Entreprises. On en parle peu de cette affaire. Et on a tort! Parce qu'elle concerne 95% des entreprises françaises (95% des entreprises françaises ont moins de 11 salariés). Et au total, c'est l'avenir de 4 millions d'employés qui en jeu. Le projet de Loi agite, depuis des mois, le patronat. Divise les organisations patronales, mais, aussi l'UMP. De quoi s'agit-il? D'étendre aux TPE, les nouvelles règles de représentativité syndicale. C'est une question de justice: tous les salariés, quelque soit la taille de leur entreprise, doivent pouvoir s'exprimer. La solution proposée consiste, donc, à organiser des élections, tous les 4 ans, au niveau régional. Les salariés-électeurs des TPE ne voteront pas pour un candidat, mais pour un syndicat. Une étiquette. Cette idée fait plutôt l'unanimité. C'est l'autre volet de la Loi qui fait polémique: la création de Commissions paritaires territoriales, chargée, notamment, d'apporter leur aide pour facilier le dialogue, dans les TPE. C'est là que les esprits s'échauffent. Et plutôt vite. "On n'a pas besoin de syndicats dans nos boîtes" affirment certains patrons. "Dans les petites entreprises, le dialogue est permanent. Et tout se passe plutôt bien". Dans le Figaro, un chroniqueur a carrément évoqué le "retour des Soviets"! L'UPA (c'est l'Union des Artisans), comme la FNSEA, soutiennent, en revanche, l'initiative. Contre le reste du patronat: "il faut mettre fin à certain paternalisme dans les TPE", disent-ils. Ils assurent aussi que le texte est bien cadré: ces Commissions terrotoriales ne pourront pas conclure d'Accords et les syndicats ne pourront pas pénétrer, non plus, dans les entreprises, sans un "feu vert" du patron. Malgré ses limites posées, la CGPME et le Médef (pour un fois d'accord) sont "vent debout" contre ce dispositif. Ils agitent leurs réseaux. Politiques notamment: ils ne s'en cachent pas. S'ils viennent de perdre la partie au Sénat (malgré le soutien d'une trentaine de sénateurs UMP), ils espèrent maintenant que les députés détricoteront le texte, qui doit être examiné début juillet. Contre Eric Woerth, le ministre qui défend le projet de Loi, Jean-François Copé et Xavier Bertrand (pour une fois d'accord) ont annoncé qu'ils feront tout pour supprimer l'article, instaurant ces "Soviets". La CFDT, la CGT, qui ont soutenu la Loi sur la représentativité syndicale sont fous de rage. "C'est du poujadisme" a dit François Chérèque, qui cible Xavier Bertrand, qui -comme ministre du travail- avait porté pourtant la première Loi, en 2008, dont celle d'aujourd'hui n'est que la continuité. Hier, au cours des débats au Sénat, une élue socialiste a d'ailleurs lâché: "l'Opportuniste de Jacques Dutrond s'était contenté de retourner sa veste. Avec Xavier Bertrand, c'est toute la garde robe qui y passe". Les contours de la réforme des retraites se précisent. A coup de "fuites organisés dans la presse", de confidences et de ballons d'essai, le gouvernement dévoile, petit à petit, ses intentions. Après l'âge légal repoussé au-delà de 60 ans, la pénibilité (qui sera individualisée). Hier, 3 nouvelles pistes ont été révélées. D'abord, une possible augmentation des cotisations "retraite", pour les fonctionnaires, aujourd'hui moins taxés que les salariés du privé. Ensuite, l'instauration d'une taxe ciblée sur les revenus supérieurs à 11 mille euros. Enfin, le gouvernement envisage de "raboter" une partie des allègements de charges sur les bas salaires... allègements accordées aux entreprises. La mesure pourrait rapporter 2 milliards d'euros. La belle journée d'Airbus, hier. Plus de 14 milliards de dollars de commandes engrangés, au Salon de Berlin. La plus grande partie grâce à la commande "géante" d'Emirates: 32 A380. Sur les marchés... L'euro se stabilise. Et l'or s'envole: mille 250 dollars l'once d'or hier. Record historique.

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Et c'est encore Marc Landré qui en parle le mieux! Sur son blog.

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