Ca commence comme un édito de Thomas Legrand. En politique, il y a "faire" et le "dire", le "faire", le savoir-faire. Et, surtout, le "faire savoir". Vous n'avez rien compris, je traduis: en politique, il n'y a pas que la décision qui compte, il y a aussi la façon de faire connaître cette décision. Pour qu'elle fonctionne, mais surtout, pour en recuillir les fruits électoraux. Prenons un cas concrêt: le "zéro charges", décrêté au niveau du SMIC. Depuis le 1er janvier dernier, les employeurs ne paient plus de cotisations URSSAF à ce niveau-là de salaire. La mesure est censée "booster" les embauches, mais, agacement à l'Elysée dernièrement: personne n'en parle! Pire: sur les fiches de paie, cet avantage -ce "cadeau accordé aux employeurs par la Gauche"- apparaît sur une ligne intitulée "exonérations... Fillon". C'est comme ça: les logiciels de paie ne font pas la différence entre l'avantage accordé par François Hollande, et les exonérations décrêtées, en son temps, par le Premier ministre de Nicolas Sarkozy(ERREUR: ces exonérations datent de 2003, quand François Fillon était ministre de l'Emploi) . Le bénéfice politique, au final, est proche de zéro. Marqué, sans doute, par cet exemple, le gouvernement, depuis plusieurs semaines, s'inquiète, du coup, qu'une autre de ses décisions passe trop discrêtement dans l'opinion publique (et, donc, chez les électeurs): la baisse d'impôt sur le revenu, accordée à 9 millions de ménages, les plus modestes. A l'heure où les derniers contribuables remplissent leurs déclarations (c'est aujourd'hui -9 juin- la dernière date limite), combien d'entre eux, ceux concernés par la mesure, savent-ils déjà qu'ils vont payer moins d'impôt? Ou même se voir déclarer non imposable grâce à la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu? Sans doute peu. Et encore moins savent exactement le montant précis qu'il vont ainsi "gagner". Il existe bien un fascicule de Bercy qui présente quelques cas-type (257 euros d'impôt en moins pour un célibataire payé un peu au-dessus du SMIC, par exemple) mais pour chacun des contribuables concernés, combien? A ce stade, imposible de le savoir sauf à aller faire ses calculs, soi-même, sur les simulateurs du site internet de Bercy. On calcule son impôt 2015, et puis, avec les mêmes données, on va chercher le simulateur 2014, et on calcule la différence. A ce stade, il n'est pas prévu que la baisse d'impôt accordée s'affiche, à l'euro près, sur la feuille d'impôt qu'on recevra à l'automne. Il manque le "faire savoir".

Projections. De mauvaises nouvelles pour nos retraites. Il s'agit des dernières projections du Conseil d'Orientation des Retraites (COR). Elles annoncent des déficits pour 15 ans encore. Et au minimum parce qu'il faudra, pour cela, réunir des conditions économiques plutôt favorables. Ce rapport annonce, également, une baisse à venir du niveau de vie des retraités, par rapport aux actifs, alors que jusqu'ici, c'était l'inverse. La faute à l'indexation des droits à la retraite sur l'inflation. Elle commence à creuser l'écart entre les pensions versées et les revenus d'activités.

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