Je ne sais pas s'il vous est arrivé la même chose, Patrick, mais en sortant de l'avion, à l'arrivée à Copenhague hier, en rallumant mon téléphone portable, un message, envoyé par mon opérateur, m'a souhaité "Bienvenue en Suede". Bon, la Suede n'est pas loin (Malmö est de l'autre côté du pont) mais quand même! Vu de France, cela dit, la confusion est fréquente. Un test, effectué auprès d'un échantillon non-représentatif d'amis et collègues, le prouve: quand on demande, à un Français, de citer le nom d'entreprises danoises, de grandes marques danoises, c'est souvent, spontanément, celui d'une suédoise qui sort en premier. Ikéa? Non, c'est suédois. Comme Volvo ou H&M. En cherchant un peu, Stimorol finit par sortir (le vieux slogan "mâchez danois" a laissé des traces). On cite, aussi, Carlsberg, la bière. Oui, elle est danoise, et propriétaire de notre Kronenbourg.Les plus pointus évoquent encore Bang & Olufsen, la hifi et la télé haut de gamme.Et quand on parle Danemark, on pense aussi au design. Jens Martin Skibsted est danois. Designer. Il s'est fait connaître mondialement pour un vélo. Il a aussi dessiné des lampes, des presse-citron, des montres. Une "voiture volante". Hier chez lui, dans sa (très belle) maison, au bord d'un petit lac du nord de Copenhague, c'est sur ses chaises en bois qu'on s'est assis. Dans un français parfait, il le confirme: le design fait bien partie de l'ADN des Danois.Ce sont, pour le coup, les suédois qui pratiquent le design... industriel. Une exception, quand même: Lego, marque danoise, qu'on peut, aussi, considérer comme du design. En fait, s'il faut "profiler" l'économie danoise, on peut dire que ses fleurons, on les trouve dans des secteurs très porteurs: la pharmacie (l'insuline de Novo Nordisk), les énergies renouvelables. Il y aussi l'agroalimentaire (on dit, ici, qu'il y a "plus de cochons que de Danois, dans ce pays). Et puis le géant du fret maritime, Mearsk et ses immenses porte-containers.Et puis pour comprendre le dynamisme de l'économie danoise, il faut parler du "bonheur" de ses habitants. On dit que les Danois sont "les plus heureux du monde", sondage à l'appui. Un bonheur qui s'appuie sur la confiance, essentielle en économie. On se fait, confiance ici, plus facilement qu'ailleurs. Confiance en les autres, confiance en l'Etat (et ses impôts pourtant très lourds). Confiance en soi, surtout. C'est l'avis de Malene Rydahl, auteur de "Heureux comme un Danois", qui vient sortir chez Grasset . Les Danois travaillent très jeunes (dès 13 ans pour leur argent de poche. Elle, c'était en distribuant des journaux dans un hopital). Ca permet d'être autonome très vite, de mieux choisir sa voie. Et, peut-être, au final d'être plus créatif.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.