Etonnante séquence, hier, à l'Assemblée nationale. C'était salle Lamartine, en présence d'une quinzaine de députés. Notamment ceux de la Commission des Finances. Ils procédaient à l'audition de Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, venu présenter son rapport sur "les prélèvements fiscaux et sociaux en France et en Allemagne". Rapport qu'il a remis au Président de la République en fin de semaine dernière. On en était encore qu'aux messages de bienvenue, quant la parole a été donnée au Rapporteur de la Commission des Finances à l'Assemblée, l'UMP Gilles Carrez. On connaît son expertise sur toutes ces questions. On connaît son franc parlé. Ses emballements parfois, et ses rappels -toujours!- aux principes qui doivent, ou devraient, guider le gouvernement dans ses choix en matière budgétaire et fiscale. Oubliant, sans doute, que la séance était ouverte à la presse, l'élu UMP a, cette fois-ci et en quelques mots, dressé un bilan sans appel dans la politique fiscale menée par Nicolas Sarkozy depuis son élection. Une politique qu'il a globalement (rappelons-le) soutenue. Vantant d'abord la politique allemande qui fait toujours de la lutte contre les déficits, une priorité, qui est "constante", dit-il, depuis des années, Gilles Carrez en vient à la France, et dénonce le "désordre" permanent de notre politique. Désordre budgétaire, d'abord, explique le rapporteur UMP: là, où les Allemands protègent les ressources de leur TVA, "nous, nous en servons à des fins politiques. Pour soutenir telle ou telle catégorie"... "comme les restaurateurs.. n'est-ce pas Hervé Novelli? Pointé du doigt, celui qui, alors qu'il était encore au gouvernement, a militié et obtenu la baisse de la TVA pour les restaurateurs (pour un coût annuel de 3 milliards d'euros), relève la tête et sourit. Un peu crispé. Il ne s'attendait pas à une telle attaque, venant de son propre camp. A gauche, tout le monde rigole. 2ème désordre, selon Gilles Carrez: la justice fiscale. "On a baisse les taux d'imposition (depuis qu'on est au pouvoir), lâche le député UMP mais on a multiplié les niches fiscales, sous entendu: "pour les plus riches"!. Salle Lamartine, la Gauche se pince pour être sûre qu'elle ne rêve pas. Puis le "coup de grâce"': 3ème désordre selon le rapporteur UMP du budget: les "allers-retours" permanents de notre politique: "en début de mandat, on fait le bouclier fiscal... pour le supprimer en fin de mandat" lâche, désolé, Gilles Carrez. Les Socialistes sont aux anges. Couper Orange en 2? C'est une menace que brandit depuis hier, l'Autorité française de la concurrence. Pourquoi pas imposer la scission de France Télécom/Orange: créer, d'un côté, une société qui gère le réseau téléphonique (ouvert à tous les opérateurs), et de l'autre, une entreprise commerciale qui vend des abonnements. L'idée n'est pas nouvelle. Elle est même appliquée dans le secteur ferroviaire, avec la SNCF et RFF. Pour les télécoms, il s'agit, à ce stade, de rappeler à France Télécom ses obligations en matière de concurrence: au moment, où on déploie le très haut débit internet, les autorités de régulation veulent s'assurer que France Télécom ne cherche pas à recréer un bout de monopole. L'affaire Renault, suite. Selon le Canard enchaîné, le mystérieux informateur de la direction (celui qui a assuré que les 3 cadres licenciés avaient des comptes à l'étranger) aurait touché 250 mille euros, et attendrait encore 200 mille de plus pour ses informations que les enquêteurs n'arrivent pas à étayer. Selon le journal, cet informateur demanderait, même maintenant, 900 mille euros pour présenter des preuves écrites.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.