Puisque François Hollande et Manuel Valls le disent, et le répètent, ça doit être vrai. "La reprise est là" a dit le Chef de l'Etat, vendredi. "Elle est fragile, mais elle est là". "2015, c'est le retour de la confiance, et donc de la croissance. Ca va mieux dans notre pays". Ca, c'est ce qu'a déclaré, hier, Manuel Valls. Le Premier ministre, tout aussi prudent que le Président étaye son propos: baisse du chômage (ça c'est audatieux parce que, d'un mois sur l'autre, la tendance peut vite s'inverser), plus sûrement, une "reprise de la consommation" et, toujours selon le Premier ministre, "des carnets de commande qui se remplissent". Comme ce n'est pas la première fois qu'on nous annonce le retour de la croissance, on est en droit d'être sceptique évidemment. Mais on doit bien reconnaître, aussi, que beaucoup d'économistes, nombre de conjoncturistes et d'institutions révisent, en ce moment, leurs prévisions à la hausse! Pour cette année, et pour 2016. Voilà, effectivement, qui marque un vrai changement. Les résultats du CAC 40, en fin de semaine dernière, sont venus conforter cette impression générale de reprise, même si les analystes les plus pointus ont bien noté les limites de l'exercice. Un premier, par exemple, souligne que la baisse de l'euro a sauvé quelques bilans, en masquant des résultats opérationnels moins bons qu'attendu. Un autre, membre d'un grand cabinet d'audit, insiste, lui, sur la stabilité du chiffres d'affaires des géants du CAC 40. Leurs bénéfices ont fait un bond de 30%, mais c'est le résultat des restructurations menées (des suppressions de postes, autrement dit), pas de la progression de leurs ventes! Attention, donc: l'effet d'entrainement de toute l'économie française qu'on attend toujours des grandes entreprises, ne sera, peut-être, pas aussi fort qu'espéré. Mais, cela dit, pour celles plus petites, de la TPE à la grosse ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire), un très bon vent souffle. C'est l'un de ceux qui les connaît le mieux, qui le dit: le patron de BPI France, la banque publique d'investissement. Nicolas Dufourq revendique 80 mille clients, dit avoir rencontré 11 mille patrons, ces derriers mois. Et, dit-il, ils ont changé d'état d'esprit, sont "optimistes" désormais. "Offensifs". Ca se ressent, explique-t-il, dans leur demande de crédit. En nette hausse.

Des réformes! A Bruxelles, nouvelle réunion, aujourd'hui, à propos de la situation de la Grèce: un Eurogroupe, la réunion des ministre des Finances de la zone euro. Le grec doit préciser le contenu des réformes qu'il compte mener, en échange de la prolongation de l'aide financière, obtenue, difficilement, fin février. On parle d'aides aux plus démunis, d'une amnistie fiscale, d'une taxe sur les jeux en ligne, mais aussi, et c'est beaucoup plus surprenant, de la formation d'agents du fisc amateurs pour lancer une "chasse aux fraudeurs", en Grèce. La réunion d'aujourd'hui ne devrait pas déboucher sur un déblocage immédiat de l'argent promis. Athènes doit, pourtant, faire face à un total de 6 milliards d'euros de remboursements, ce mois-ci.

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