Au jeu de massacre, imposé par les marchés financiers, il y a quelque chose d'injuste pour l'Italie. Certes, le pays est très endetté: sa dette représente 120% de son PIB, et c'est évidemment, le problème majeur. Mais l'Italie n'est pas le Portugal. N'est pas la Grèce, non plus. L'Italie est en meilleure posture que... l'Espagne, qu'on a longtemps présentée comme le "domino suivant". La croissance italienne a un meilleur potentiel, par exemple: ses exportations progressent. Son système bancaire n'est pas laminé comme celui des Caisses d'épargne espagnoles. En 2010, son déficit public était en dessous de la moyenne européenne. Mieux, l'Italie affiche un "exécédent primaire", c'est-à-dire que, hors paiement des intérêts de sa dette -et contrairement à la France-, l'Italie est en excédent budgétaire. Le pays ne paie pas ses dépenses courantes, en s'endettant. Alors pourquoi les marchés s'acharnent-ils, depuis des semaines, sur l'Italie? La réponse tient en un seul nom: Silvio Berlusconi. Pas l'homme, ses frasques et ses soirées bunga bunga. Quoique. Mais le dirigeant politique. Qui n'avait plus de majorité assez solide pour faire passer les mesures de rigueur, attendues par les marchés, l'Europe, le FMI et le G20. Cette même majorité vacillante, qui a fini par le lâcher hier. Les premiers à avoir souligné cette faiblesse politique, ce sont les agences de notations: la dégradation de l'Italie, c'était pour cette raison! Mais les dirigeants européens ont suivi. Nicolas Sarkozy, par exemple. Quand, récemment, le Président français répond, en souriant au côté d'Angela Merkel, à une question sur Silvio Berlusconi, il dit qu'il a toute confiance en l'ensemble de l'Italie, sans citer son chef de gouvernement. Il le lâche, à son tour. Il y a quelques semaines, le Financial Times chiffrait combien coûte Berlusconi à l'Italie. C'est-à-dire combien les marchés réclament d'intérêts supplémentaires parce que Berlusconi s'accroche: 1% de plus, soit 20 milliards d'euros, disait le journal, relais traditionnel des marchés. Le calcul est totalement théorique, abstrait. Un peu idiot même. Mais il a pesé, semble-t-il. Et les marchés ont prouvé, une nouvelle fois, leur pouvoir et leur puissance auto-réalisatrice.

Plus tard. Les Européens remettent à plus tard la taxe sur les transactions financières. Au G20 la semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait espéré son instauration "dès 2012" mais les ministres européens des Finances, hier, n'ont pas réussi à s'entendre. Ils restent très divisés sur la question, y compris au sein de la zone euro, alors que la France et l'Allemagne espéraient -au moins- pouvoir la mettre en place, dans les 17 pays de l'euro. Le dossier a été renvoyé au printemps.Trop compliqué. Les Français... nuls en finance: c'est le résultat d'un sondage, publié, ce matin, à l'occasion des 4èmes Journées de l'Economie, qui débutent, ce matin, à Lyon. Les Français, selon cette enquête, gèrent plutôt bien leur budget... de façon "serrée" même, preuve que le pouvoir d'achat est un soucis. Mais 80% affirment ne rien comprendre aux placements financiers. Pour leurs investissements, ils s'en remettent d'ailleurs à leur banquier. Et tant pis s'il est juge et partie.Truqué. Le scandale Olympus, au Japon. Hier, le fabricant d'appareils photo a reconnu qu'il falsifie ses comptes depuis 20 ans. L'action a perdu encore 20% à la bourse de Tokyo, ce matin.

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