La Grande-Bretagne nationalise -partiellement- ses banques, l'Espagne crée un Fonds de soutien de 30 milliards d'euros pour les siennes, on ne parle pas des 700 milliards du Plan Paulson aux Etats-Unis... et que fait la France ? Eh bien, la France, elle, a décidé de créer une "structure juridique". C'est ainsi que François Fillon a résumé l'action la plus concrète de son gouvernement, pour faire face à la crise : la création de cette société, dont on a appris plus tard le nom, lui aussi imaginé pour frapper très fort les esprits : la "Société de Prises de Participations de l'Etat : la SPPE. Evidemment, on l'a compris, pour le gouvernement la priorité reste bien de ne pas affoler les Français. Christine Lagarde l'a répété, hier soir, d'ailleurs : "il n'y a pas de risque de faillite des banques françaises" a affirmé la ministre de l'Economie mais elle ajoute très vite : "parce que l'Etat sauvera les établissements en difficulté". C'est, donc, bien tout l'objet de cette "structure juridique" nouvelle : se préparer au pire, parce que (c'est une évidence) le pire est possible ! D'ailleurs, cette société a déjà fonctionné une fois : en injectant 1 milliard d'euro dans Dexia, la banque franco-belge des collectivités locales. "Les Echos" de ce matin nous en disent plus d'ailleurs sur cette "structure juridique" : il est envisagé, affirme le journal, qu'elle lève sur les marchés jusqu'à 2% du PIB français, c'est-à-dire jusqu'à 40 milliards d'euros ! Le tout financé par l'emprunt, donc par le recours à la dette. Personne ne le sait, donc, mais il y a bien en France une sorte de Plan Paulson. Mais dites plutôt "SPPE": c'est plus rassurant. Le cri du coeur de Jean-Claude Trichet ! "Reprenez vos esprits" : c'est ce qu'a lâché, hier soir à la télé, le président de la Banque Centrale Européenne. "Le pessimisme est un très mauvais conseiller" a-t-il ajouté à destination des marchés. Il est vrai qu'hier, Jean-Claude Trichet, et 6 autres de ses homologues -patrons de banques centrales-, dont celui de la Réserve fédérale américaine, ont sorti "l'arme atomique": une baisse "surprise", "concertée" des taux d'intérêts... baisse d'un demi-point. Rien n'y a fait, les places boursières ont, à nouveau, plongé : entre 5 et 6% en Europe. Un peu plus de 6% même pour le CAC40. Recul également à Wall Street : -2% pour le Dow Jones. Ce matin, en Asie, ça va mieux. Tokyo gagnait un petit point de pourcentage, tout à l'heure. La crise de liquidité se poursuit (les banques ont du mal à trouver de l'argent frais : elles vendent, donc, leurs actions) ; mais le recul des bourses s'explique aussi par les craintes sur l'économie réelle. Le FMI, hier, a revu nettement à la baisse ses prévisions. Pour la France, ce sera 0,2% seulement, l'année prochaine. Le gouvernement affiche, lui, toujours, une prévision à 1%, en 2009. 5 fois pluss.

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