C'est le thème d'un "atelier", ce matin aux Assises du Journalisme, qui se déroulent depuis le début de la semaine, à Strasbourg. Il s'agit des 3èmes du genre. C'est un espace (qui se veut) de réflexion, pour tous les journalistes, un moment dans l'année, pour réfléchir (oui) à notre avenir, à nos pratiques de journalistes. Un temps pour faire, aussi, notre autocritique. Dans un peu plus d'une heure, on va donc "plancher" sur la crise économique, avec cette question : est-ce qu'on en a... est-ce qu'on en parle bien ? Alors, évidemment, je me sens directement visé par cette question et franchement, je ne suis pas sûr que je vais passer un très bon moment, tout à l'heure. Parce que, finalement, elle a été très courte la période durant laquelle les journalistes économiques ont été "épargnés". C'était durant les 2 ou 3 semaines, où le monde avait l'air de s'écrouler, juste après la faillite de Lehman Brothers. C'est cette période, où, au boulot, à la cantine, dans l'ascenseur, dans les repas familiaux, le journaliste économique était interpelé en permanence... prié d'expliquer et de rééxpliquer ce qui se passait. Il était aussi prié de vite dire s'il fallait retirer tout son argent de sa banque. Ce moment n'a pas duré, parce que très vite, on a commencé à nous reprocher d'en parler trop ! Le décalage entre les explications alarmistes (relayées par les médias) sur la "nouvelle crise de 29" qui arrivait, la "nouvelle grande dépression", et le quotidien des salariés, des ménages (encore épargnés) était important. Parler de la crise, c'était aussi l'alimenter, c'était l'accélerer, l'amplifier ! Depuis quelques mois, c'est le reproche exactement inverse qui est fait. Et depuis la rentrée, c'est encore plus aigü : on trouve que les journalistes n'en parlent plus, n'en parlent pas assez... alors qu'elle est loin d'être finie, cette crise. Ce "décalage" est assez frappant... mais la critique, sans doute, la plus sévère, c'est celle qui renvoit à une période, encore plus lointaine : celle d'avant la chute de Lehman Brothers. Le récent article du journaliste américain Dan Gillmor dresse une liste d'une vingtaine de recommandations pour notre profession. Il écrit aussi qu'avant Lehman Brothers, les journalistes n'ont pas fait leur travail - j'imagine qu'il veut dire par là qu'on n'a pas su détecter, décortiquer, expliquer les risques que nous faisaient courrir les subprimes, la titrisation, les CDS : tous ces termes qui nous sont devenus familiers. Dan Gillmor enfonce le dernier clou: il estime aujourd'hui que rien a changé du côté des journalistes économiques. Xavier Darcos doit annoncer, ce matin, des mesures contre la souffrance et le stress au travail. Le ministre des Affaires sociales a commencé à évoquer le sujet, hier, sur France Inter. Aujourd'hui, il doit dévoiler une série de mesures aux patrons et aux syndicats. Xavier Darcos veut notamment accélérer le calendrier de mise en place d'un accord sur le stress, récemment signé au niveau national, mais qui n'est pas encore décliné au niveau branches professionnelles. Sont concernées, les entreprises de plus de mille salariés qui, dans la foulée, vont devoir mettre en place, chez elles, un "Plan d'action" contre le stress. Des sanctions financières pourraient être envisagées si elles ne jouent pas le jeu d'ici à février. Des carburants plus chers. De 7 à 10% : c'est ce qui attend les automobilistes. Conséquence de l'instauration de la taxe carbone. Le calcul émane des groupes pétroliers qui dénoncent ce qu'ils appellent "l'empilement" des taxes. L'euro grimpe toujours : 1 dollar 48, hier.

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