A l'Assemblée Nationale, les Rapporteurs du Budget se suivent et se ressemblent. Lors de la précédente mandature, c'est le député UMP Gilles Carrez qui tenait ce rôle, à la Commission des Finances. On l'aimait bien parce qu'il n'hésitait pas (tout en la soutenant) à dire beaucoup de mal de la politique économique et fiscale menée par sa propre majorité. Il n'hésitait pas à pointer les incohérences, les renoncements de "son" gouvernement. Et avant chaque budget, Gilles Carrez ne se gênait pas pour critiquer les mesures avancées, et en proposer d'autres. Parfois, avec le soutien évident du ministre du budget (qui tentait, ainsi, de gagner, au Parlement, les arbitrages perdus à Matignon ou à l'Elysée). Aujourd'hui, avec une majorité de gauche à l'Assemblée, c'est le député socialiste Christian Eckert qui est le rapporteur général du Budget. Et c'est très prometteur, il semble endosser, d'entrée, la même attitude que son prédécesseur. C'est ainsi que ce week-end, sur son blog (christianeckert.net), le député PS a pu écrire tout le mal quil pense du mouvement des pigeons. Et dire tous les reproches qu'il adresse au gouvernement (qu'il soutient) pour leur avoir céder si vite. "La loi doit-elle s'écrire en fonction du nombre de "j'aime" recueillis sur une page Facebook, demande-t-il. Ce matin, dans l'interview qu'il accorde aux Echos, Christian Ecket récidive: "le mouvement des entrepreneurs a caricaturé la mesure consistant à soumettre les revenus du capital au barême de l'impôt sur le revenu. Un projet tout à fait justifié". Et le rapporteur du Budget d'insister: "oui, les entrepreneurs prennent des risques, mais les salariés aussi: il y a des accidents du travail tous les jours!". Pour Christian Eckert, c'est une évidence: le gouvernement est allé trop loin dans les concessions accordées aux "pigeons". Il prévient: le manque à gagner, provoqué par le rétropédalage de Bercy, devra être trouvé du côté des entreprises. Mais Christian Eckert ne s'arrête pas là, ce matin, dans les Echos: sur l'ISF, les emplois à domicile, la niche "outre-mer": il propose de revoir, parfois lourdement, la copie du gouvernement. Il exhume, enfin, l'idée d'intégrer les oeuvres d'art dans le calcul de l'Impôt sur la Fortune. Une idée aussi vieille que l'ISF lui-même, mais que la gauche n'a jamais osé mettre en place. Christian Eckert a retenu la leçon de son prédécesseur: il faut demander beaucoup, appuyer là où ça fait mal (dans son propre camp), pour obtenir. Un peu.

Tenable? A son tour, le FMI taille en pièce les prévisions de croissance et de déficits de la France. L'organisation internationale a présenté, cette nuit, ces nouvelle prévisions. Pour la France, le FMI prévoit 0,1% de croissance cette année alors que le gouvernement table sur 0,3%. Pour l'année prochaine, le Fonds Monétaire Internationale fixe la croissance française à 0,4%, soit 2 fois moins que la prévision de Paris. Dans ces conditions, le FMI estime que la France ne tiendra pas ses engagements en matière de réduction des déficits. Ni cette année, ni en 2013.Faisable? La Taxe sur les Transactions Financières, peut-être -enfin!- sur les rails, aujourd'hui: le seuil des 9 pays européens nécessaires pour la lancer pourrait être atteint, tout à l'heure, à l'occasion d'une réunion des ministres des finances. France, Allemagne, Belgique, Autriche, Portugal et Slovénie ont dit déjà dit oui. La Grèce également, hier. L'Estonie serait prête, à son tour, à valider une telle taxe. On attend les décisions de l'Italie et de l'Espagne.

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