Dimanche, c'était une petite phrase d'Arnaud Montebourg, à la télé. Une boutade mais qui en dit long. C'était au sujet des allègements fiscaux obtenus par le patronat: "Le n°2 du Medef a son lit de camp dans le bureau du ministre du budget" a lâché Arnaud Montebourg, un brin agacé. Hier, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, c'est le Rapporteur socialiste du budget qui disait, à son tour, ses "regrets" après l'abandon de la taxe sur l'Excédent Brut d'Exploitation. C'est dommage, "les députés PS avaient des suggestions à faire", a dit Christian Eckert, avant de conclure, là encore, avec une pointe d'agacement: "la fiscalité des entreprises n'est pas que l'affaire des entreprises et du gouvernement!". C'est clair: la "surrenchère" du Medef, qui n'en finit pas, en cette rentrée, et les concessions du gouvernement au patronat, qui se multiplient, depuis l'été: certains responsables socialistes commencent à trouver que ça fait beaucoup! Et c'est dans cette ambiance, qu'une tribune attire l'attention, ce matin. Elle est signée par 77 députés et sénateurs PS, et est publiée dans "Les Echos". Ces élus montent au créneau pour défendre une mesure du projet de Loi sur l'Economie Sociale et Solidaire que Benoît Hamon, le ministre chargé du secteur, doit présenter, dans les prochaines semaines, au Parlement. Et que le Medef et la CGPME rejettent avec vigueur. Hier, à Lyon, au "meeting de patrons" qu'ils organisaient, le nom du ministre Hamon a été copieusement sifflé. Cette disposition, si elle était adoptée, obligerait les patrons de PME à informer leurs salariés de tout projet de vente de l'entreprise. Ce Droit existe, déjà aujourd'hui, dans les grandes sociétés, qui disposent d'instances représentatives du personnel. Ce n'est pas le cas des PME et TPE. Pour Benoît Hamon, ce nouveau Droit d'information permettrait aux salariés d'envisager, s'ils le souhaitent, de monter leur propre projet de rachat. En SCOP par exemple. Le patronat n'en veut pas et bataille, depuis plusieurs mois, pour que le gouvernement retire cette disposition. Les patrons invoquent le "secret des affaires", affirment que cette disposition va bloquer toutes les transactions. Pour les parlementaires PS, qui prennent la plume, ce matin, le patronat s'est engagé dans une "opposition idéologique" sur cette question, et pointent, à l'inverse, l'efficacité de la mesure, en terme d'emplois sauvés. Ont-ils senti que sur ce point, aussi, l'Elysée, Matignon, Bercy pouvaient céder aux exigences du patronat? en tout cas, ce matin, dans les Echos, ils ont décidé d'envoyer un signal. A leur propore camp.

EU. La dette européenne... fait recette: on peut le dire ainsi: hier, le MES (c'est le Mécanisme Européen de Stabilité. Il a déjà volé au secours de Chypre et des banques espagnoles) lançait sa première émission obligataire à long terme. Il voulait placer 7 milliards d'euros de titre de dette, sur les marchés, mais a reçu, au total, des offres de prêt, pour 21 milliards. 3 fois plus. Plus de 200 investisseurs, à travers le monde, se sont présentés.USA. En fait, en ce moment, ce sont les Etats-Unis qui inquiètent le plus. L'administration fédérale est toujours, en partie, paralysée par le "shutdown", et pointe, maintenant, le risque d'un défaut de paiement des Etats-Unis, faute d'un vote sur le relèvement du plafond de la dette . Pour le FMI, un tel scénario provoquerait une "récession, ou pire": des perturbations majeures sur les marchés financiers de la planète.

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