Ce n'est qu'hier, à 8 heures, juste avant l'ouverture de la bourse, que Carmat a finalement confirmé l'information que France Inter vous rélévait, jeudi soir dernier. Oui, un 2ème coeur artificiel a bien été implanté sur un nouveau patient. En version communiqué de presse, ça donne: "Carmat confirme avoir accompli la moitié de l'essai de faisabilité de sa bioprothèse cardiaque". L'entreprise remercie le CHU de Nantes (confirmant que ça s'est bien passé là-bas), explique que 2 comités indépendants ont donné un avis favorable à la poursuite du recrutement de nouveaux patients. Mais rien de plus. A la toute fin de son communiqué, Carmat prévient qu'elle n'a pas l'intention d'en dire plus. Pas de conférence de presse prévue, comme pour la première implantation, l'entreprise fait profil bas. Comme le ministère de la Santé, qui s'est contenté, hier, d'un simple communiqué, pour saluer la nouvelle, révélant au passage, quand même, que ce "2ème coeur" a été implanté le 5 août dernier. Est-ce la leçon retenue du premier cas? Sans doute: on se souvient de l'euphorie de décembre 2013, à l'annonce de la première implantation, puis du silence total qui a accompagné, la mort, en mars dernier, du premier patient implanté, sans qu'aucune explication officielle n'ait été donnée. En juillet, simplement, a-t-on appris que Carmat était autorisé à reprendre ses essais. Du coup, la révélation d'une 2ème implantation, en fin de semaine dernière, a provoqué l'envolée le cours de bourse (+10% vendredi) et on voit qu'il est en partie-là le problème de communication de Carmat. Bien-sûr, il y a les limites scientifiques, éthiques, le respect dû au patient, le secret médical mais il y a aussi l'information du marché. Carmat a été introduit en bourse en 2010, et l'action est, depuis, considéré comme hautement spéculative (s'envole, après les bonnes nouvelles. S'éffondre suite aux mauvaises). Alors que ces essais demandent du temps (la fin de processus, c'est fin 2015), le marché spécule à la seconde et est à l'affut de la moindre information. "Carmat, je n'y touche pas" lâche, du coup, un gestionnaire de fortune, c'est un pari que je ne peux pas mener au nom de mes clients". "Sa valeur va de zéro (si c'est un échec) à plusieurs centaines de millions d'euros en cas de réussite: du coup, je ne fais aucune recommandations d'achat ou de ventes" confirme un analyste, pourtant spécialiste du secteur de la santé. Les 2 jugent que, sans doute, Carmat à ce stade, ne devrait pas être coté. La bourse n'est pas forcément bonne pour le coeur.

En fait, c'est moins. Surprise: la Sécurité sociale rembourse... de plus en plus! On jurerait l'inverse, mais, pour la 2ème année consécutive, la part des dépenses de santé, restant à la charge des malades, diminue, selon les Comptes nationaux de la Santé publiés hier soir. Le "reste à charge" s'établit à 8,8%. Contre 9%, l'année dernière. Et 9,2% en 2011. Il était au plus haut, en 2008, conséquence de l'instauration des franchises. Elles n'ont pas été supprimées, mais depuis 2 ans, aucun nouveau déremboursement de médicaments n'a été décidé. Les "génériques", moins chers, se sont développés. Les Français réduisent, également, leur consommation de médicaments non-remboursables, une "première", depuis 2005. Enfin, l'étude constate un ralentissement des dépassements d'honoraires des médecins.

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