Une fois encore, hier, Pierre Moscovici a dû se défendre à l'occasion des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale. "Avez-vous utilisé l'administration fiscale pour tenter de blanchir Jérôme Cahuzac, en janvier dernier?" lui a re-demandé la Droite, renouvelant également ses questions, précises: "pourquoi avoir limité la demande d'entraide adressée aux Suisses à la seule UBS? Pourquoi sur une période limitée? Pourquoi ne pas avoir questionné Singapour? Pierre Moscovici a répondu, une nouvelle fois, affirmant qu'il n'était pas possible, selon lui, de demander plus aux Suisses, au regard de la convention fiscale passée avec eux, ajoutant se tournant, alors, vers les rangs de l'UMP, "convention que vous avez signé!". Tollé à Droite, évidemment -c'était l'effet recherché- mais Pierre Moscovici, un plus tard, cette fois-ci, interrogé par les Verts, a cherché à se montrer moins polémique, plus constructif. Le ministre de l'Economie a annoncé que 4 pays européens venaient de se joindre à lui pour réclamer l'instauration, au plus vite, en Europe, d'un système d'échange automatique d'informations fiscales. Un appel pour un changement de logique, ou plutôt pour un "passage à la vitesse supérieure" face aux paradis fiscaux. L'idée, c'est de ne plus se contenter d'échanges d'information "à la demande", comme aujourd'hui, mais de les rendre systématiques, automatiques. C'est le modèle américain, la Loi Fatca, qui impose aux banques, des pays signataires d'une telle convention avec les Etats-Unis, de signaler tous les comptes ouverts par un Américain, quelque part dans le monde. "C'est une arme puissante, massive... géniale" affirme un expert de la lutte contre les paradis fiscaux, "les Américains, avec ça, ont fait plier beaucoup de monde, y compris les Suisses!". A Bercy, on explique qu'on veut s'appuyer sur ce "succès", en procédant ainsi: on va demander à tous les pays européens qui ont signé avec les Etats-Unis un tel Accord, d'accepter de transmettre, de la même façon, leurs données à leurs partenaires européens. Ce qui apparaîtra comme "la moindre des choses" entre partenaires. C'est astucieux, parce que parmi les signataires, il y a en Europe, des pays, qui jusqu'ici freinaient des 4 fers: l'Autriche et le Luxembourg, qu'on voit vaciller, aujourd'hui, précisément parce qu'il sait que sa position devient intenable. L'espoir des Français, c'est qu'une fois que cette pratique deviendra un "standard" dans l'union européenne, on pourra l'imposer à d'autres. A la Suisse notamment. A Bercy, on explique que cette idée était sur la table depuis longtemps, mais qu'il manquait un déclic pour l'imposer. Le scandale Cahuzac, les révélations d'Off Shore Leaks, dans la presse mondiale créent, dit-on désormais dans l'entourage de Pierre Moscovici, une "opportunité politique".

Moins. Le patron de France Telecom/Orange se dit prêt à réduire son salaire. Stéphane Richard le dit dans le Figaro, ce matin: il est prêt, dit-il, à réduire d'un tiers sa rémunération pour la faire passer sous la barre du million d'euro, autrement dit sous le seuil de déclenchement de la future "taxe à 75%", payée (selon sa nouvelle version) par l'employeur. "Je ne voudrais pas que France Telecom soit obligé de payer cette taxe pour moi" explique Stéphane Richard... ce qui fera plaisir au gouvernement, qui dit attendre, précisément (avec sa taxe) de tels gestes de la part des grands patrons. Stéphane Richard a gagné 1 million et demi d'euros, l'année dernière, dont 600 mille de "bonus"... un "bonus" qui sera, de toutes les façons, "réduit" cette année pour lui puisque les résultats de France Telecom/Orange sont attendus en baisse.

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