La TVA en 2014
La TVA en 2014 © IDE

En 1968, quand elle a été généralisée à l'ensemble des commerces, elle a avait été rebaptisée Taxe Vorace de l'Administration. Ou encore Tout Va Augmenter. T, V, A. Nous sommes le 10 avril, et aujourd'hui, la TVA -la Taxe sur la Valeur Ajoutée, c'est son vrai nom- fête ses 60 ans ! Le 10 avril 1954, c'est René Coty, président de République, qui promulguait la Loi instaurant cette nouvelle taxe. Joseph Laniel, président du Conseil, Edgard Faure, ministre des finances, Pierre Mendès-France, président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, soutenaient le projet, la création de cette nouvelle taxe, révolutionnaire.

Elle va bouleverser la fiscalité des États dans le monde entier. La TVA, c'est un vrai succès français ! Comme le TGV, Ariane, Airbus, ou le minitel. Son inventeur, futur patron de la Société Générale, est alors un jeune inspecteur des Finances, Maurice Lauré. Son idée, à l'époque, était de mettre fin à des taxes qui frappaient la production ou la vente à chaque étape, du fournisseur initial au consommateur final. Elle a très vite plu, en tout cas, aux producteurs, parce qu'elle leur permettait de déduire leurs charges. "Elle avait tous les atouts, en fait : rentable, comode, universelle et indolore" explique Michel Bouvier, spécialiste des finances publiques, président et fondateur de Fondafip, "elle a donc, très vite, connu un succès considérable : 150 pays l'ont adopté (à l'exception notable des Etats-Unis).

L'Union européenne en a fait l'un de ses piliers (pour devenir membre, un pays doit avoir une TVA). En France, l'année dernière, elle a rapporté plus de 180 milliards d'euros. Impossible, donc, de s'en passer sauf qu'aujourd'hui, la TVA a perdu de sa superbe. Avec le temps, elle est devenue beaucoup trop complexe. On a multiplié les taux (il y a en 4 au total). On a multiplié les exonérations, les exceptions, les subtiltés. La TVA sur le chocolat, par exemple, ne sera pas la même, s'il est blanc ou noir, destiné à être fondu ou croqué, s'il est fourré ou non. La TVA sur le cheval, récemment, a fait polémique: si vous le montez, c'est 20%, mais si vous le mangez c'est 5,5 ! On n'y comprend plus rien. De plus, la fraude est devenue importante, transfrontalière. Mais surtout, avec le commerce en ligne, l'apparition de géants du Net qui jouent avec les différents sytèmes fiscaux, la TVA devient fuyante.

Pour Michel Bouvier, c'est son avenir qui est en jeu, désormais. Et celui de l'ensemble de notre système fiscal, pensé pour un monde, fermé, territorialisé. "Si les Etats veulent préserver leurs ressources, dit-il, ils doivent très vite réflechir à inventer, eh bien... de nouvelles taxes!".

Retour. La Grèce doit faire, aujourd'hui, son grand retour sur les marchés financiers. Athènes va procéder à sa première émission de dette, depuis plus de 4 ans. Elle espère lever jusqu'à 2 milliards et demi d'euros. Si le taux d'intérêt obtenu, en fonction de la demande, se fixe autour de 5%, ce sera un "grand succès" dit-on au sein du gouvernement grec, preuve, pour lui, que les mesures d'austérité n'ont pas été vaines. En fait, ce sera un succès, parce que les investisseurs sont à la recherche de placement à fort rendement, une denrée rare actuellement.Sympa. Le FMI, décidément très bienveillant vis-à-vis de la France. Avant hier, le Fonds réhaussait -légèrement- les prévisions de croissance de notre pays. Hier, il a estimé que notre déficit public sera, bien ramené à 3%, l'année prochaine. Pourtant, ni Bruxelles, ni Paris n'y croient.

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