2014, c'est désormais l'objectif, en France, de retour à l'équilibre budgétaire. C'est François Fillon qui a fixé, hier, ce nouveau cap. La nouvelle ne fait pas la "une" des journaux, ce matin. Même pas même, celle des quotidiens économiques. C'est vrai qu'avec la crise, personne n'est surpris que le gouvernement soit, ainsi, obligé de revoir, son calendrier. On sait, également, que le Plan de relance qu'a dévoilé Nicolas Sarkozy, la semaine dernière plombe le budget de l'Etat pour au moins 2 ans. C'est exactement le nouveau délai annoncé hier : un déficit zéro, non plus en 2012, mais bien en 2014 ! Il y a donc des raisons objectives à ce renoncement de François Fillon, et à l'indifférence générale qui l'accompagne. Mais il y a aussi - et surtout !- autre chose : il y a qu'en France, aujourd'hui, plus personne ne croit qu'il soit possible qu'un jour un gouvernement présente un budget en exédent, ou même à l'équilibre. Le dernier à l'avoir fait, c'est Raymond Barre. Il y a 30 ans ! Depuis, tous les budgets présentés -par la Droite ou par la Gauche- sont dans le rouge. Et tous, donc, ont alourdit un peu plus, chaque année, la dette de la France. Alors, évidemment, à chaque fois, on nous jure que c'est bientôt fini. Fin 2005, Michel Pébereau remettait un Rapport "très alarmant" au gouvernement. Dominique de Villepin reprenait à son compte ses conclusions et fixait à 2010 le retour à l'équilibre pour le budget de l'Etat. En entrant à l'Elysée, Nicolas Sarkozy n'a pas repris à son compte cette promesse, et a fixé, lui, d'entrée, à 2012 cet objectif toujours autant "prioritaire" évidemment. Son Premier ministre enfonçait le clou en parlant d'une "France en faillite". Voilà, cet objectif désormais renvoyé (par les mêmes) à l'horizon 2014. "L'horizon", c'est bien le bon terme : c'est une ligne bien en vue, bien déterminée mais qu'on n'atteint jamais ! La Poste n'ira pas en bourse ! C'est en tout cas une piste que rejette la Commission, chargée de faire des propositions au gouvernement. Ses conclusions ne sont pas encore définitives, mais l'idée d'une introduction en bourse est écartée. En revanche, la Commission propose de transformer La Poste en Société anonyme et d'ouvrir son capital à la Caisse des Dépôts et Consignations, et même au Fonds Stratégique d'Investissements, qui vient d'être créé en pleine crise. Au final, c'est le gouvernement et le Parlement qui trancheront. Sony dégraisse plus ! Ce sera 16 mille emplois supprimés au total, et pas seulement 8 mille. Précisions d'un dirigeant du géant japonais hier, qui ajoute les postes intérimaires qui vont disparaître. ArcelorMittal aussi. Aujourd'hui, mobilisation des salariés contre le Plan de suppression de 1 400 emplois en France. "La crise a bon dos" répètent les syndicats. Deuxième Plan ? Le Plan de relance, chiffré à 26 milliards d'euros par le gouvernement. "S'il ne marche pas, il faudra en faire plus", affirme Christine Lagarde. Mais la ministre de l'Economie ajoute, qu'évidemment, il est trop tôt, aujourd'hui, pour évoquer un éventuel deuxième Plan de relance.

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