C'est une belle histoire que cette affaire, que ce "feuilleton" de la "liste des 3000 fraudeurs au fisc", brandie depuis 4 mois par Eric Woerth, notre ministre du budget. Sauf que parfois, cette histoire vire carrément à la fable... une "gentille fable"! Le dernier rebondissement, c'est, donc, la révélation de notre confrère "Le Parisien" hier: une partie des données de la "liste des 3 000" proviendrait d'un vol: des données dérobées par un salarié d'une filiale suisse de la banque britannique HSBC. Un homme qu'on appelle "Antoine". Après avoir "ni dementi, ni confirmé", à la mi-journée, Eric Woerth est passé aux aveux, hier soir, dans le 20h de France 2: oui, a-t-il reconnu, "Antoine" est bien l'une des sources qui a permis de constituer ma liste. Mais, a poursuivi le ministre, il n'a pas été rémunéré pour ça! Eric Woerth a tenté, ensuite, de retourner les critiques sur le fait qu'il utilise, pour le coup, des données volées. "Ce qui serait choquant, c'est de ne pas utiliser ces informations!, a-t-il répondu. Reste que l'histoire du cheminement précis des informations du fameux "Antoine" reste à écrire. Ce n'est pas anodin parce qu'il faut pour que le fisc puisse s'en servir que toute la procédure soit bien légale... alors qu'on part -rappelons-le- de documents volés! C'est dans le Parisien (encore) ce matin, que Bercy donne sa version. Le directeur de cabinet d'Eric Woerth s'explique. Fin 2008, Antoine se présente au fisc français et propose "sans réclamer de contrepartie" (ce serait illégal) de livrer tous les documents en sa possession. Les enquêteurs du fisc acceptent... mais, raconte Bercy, n'exploitent pas ces informations. Pourquoi? Parce que ce serait illégal, là encore. Pour que ce soit légal, il faut que la justice soit saisie! "Coup de chance" incroyable, Antoine décide également d'alerter la justice: en l'occurence, Eric de Montgolfier, qui va ouvrir une information judicaire. Autrement, c'est lui (le procureur de Nice) qui va "blanchir" en quelque sorte la liste volée... puisque la justice (c'est toujours le directeur de cabinet d'Eric Woerth qui raconte) la justice ensuite va transmettre officiellement cette liste à Bercy. Mais qui était, donc, en sa possession depuis 6 mois! On est prié d'y croire. Les bonus des banquiers vont être surtaxés! Et ça se passe en Grande-Bretagne. Le pays de la City, à Londres". Le pays qui doit 10% de sa croissance économique à son secteur financier. Le pays où, du coup, on expliquait qu'il était impossible de prendre une telle mesure. Hier, le gouvernement de Gordon Brown l'a fait: il a décidé d'instaurer une taxe de 50% sur les bonus des traders. En France, l'idée est rejetée jusqu'ici par le gouvernement. Mais dans une tribune qu'il signe avec Gordon Brown, ce matin dans le Wall Street Journal, Nicolas Sarkozy lance un appel pour une taxation générale des bonus, dans les banques. Un "impôt exceptionnel" écrivent les 2 dirigeants, sur les bonus 2009. Remboursez! Aux Etats-Unis, Bank of America a remboursé, hier, les 45 milliards de dollars que lui avait prêté le gouvernement. Et maintenant, l'Espagne! Après la Grèce (qui affirme tout faire pour éviter l'intervention du FMI!), c'est l'Espagne qui se voit placée sous la surveillance des agences de notations internationales. Elles s'inquiètent de la dérive de sa dette et de son déficit public. La Grèce, l'Espagne font partie avec le Portugal et l'Irlande des désormais fameux "PIGS", ces pays de la zone euro en grande difficulté budgétaire.

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