Il y a un peu plus d'un an (c'était à Pékin, où il venait de signer 2 importants contrats, avec les Chinois), la remarque faisait encore sourire Gérard Mestrallet: "finalement, là où vous avez des difficultés, là où sont vos "risques pays" (comme ont dit dans le business international), ce n'est pas ici en Chine, ou dans un autre pays émergent", lui avait lâché un confrère journaliste "mais c'est bien sur vos marchés historiques, la Belgique et la France!". Le patron de GDF Suez, oui, avait sourri, mais aujourd'hui, c'est fini. La nouvelle est, peut-être, passée inaperçue, la semaine dernière, pour le grand public mais pas pour la bourse, où le titre GDF Suez a décroché pour atteindre son plus bas niveau historique depuis 15 ans. GDF Suez a lancé ce qu'on appelle un "profit warning", une alerte sur ses résultats: "2013 et 2014, a prévenu le groupe, seront "difficiles". GDF Suez ne voit pas rebond avant 2015. L'annonce d'un vaste plan d'économies, sans plan social, n'a pas rassuré. Au contraire, son ampleur inquiète les investisseurs qui se disent "surpris" par le décrochage des marchés européens de GDF. Dans le journal "Le Monde", en fin de semaine dernière, Gérard Mestrallet n'a pas pris de gants. Il décrit un marché mondial de l'énergie coupé en 3. D'abord, les pays émergents "qui ont soif de gaz et d'électricité", dit-il. Ensuite, l'Amérique du Nord qui vit une révolution, un choc de compétitivité grâce... aux gaz de schiste! Enfin, l'Europe. En décroissance sur le plan énergétique. Pour Gérard Mestraller, "comme on parle d'un pic pétrolier, l'Europe a connu son "pic électrique" en 2008, depuis le recul a commencé et va se poursuivre". D'où l'ambition de GDF Suez d'accélérer sa transformation. Le groupe stoppe ses investissements en Europe, un "coup d'arrêt total", et se tourne ves les émergents. Au passage, Gérard Mestrallet, pour se justifier, pointe ce qu'il appelle une "pression réglementaire et fiscale" accrue en Europe. En Belgique sur le nucléaire, et en France, sur le gaz (où GDF estime son manque à gagner, à la suite des décisions de limiter les hausses de tarifs, à 185 millions d'euros). Si Gérard Mestrallet tente de rassurer en estimant qu'une base européenne "solide et rentable" reste "indispensable" pour son groupe, on comprend bien que le chiffre d'affaires et les profits viendront désormais, d'ailleurs.

RSA en hausse. Cce sera l'une des mesures phare du "plan" qu'annoncera, demain, le Premier ministre, à l'issue de la "Conférence de lutte contre la pauvreté". Le gouvernement aurait décidé de revaloriser "progressivement" le RSA "socle", c'est-à-dire l'ancien RMi. Il s'élève à 418 euros par mois. Il a très nettement décroché par rapport aux autres revenus, qui progressent eux -c'est le cas du SMIC- un peu plus vite que l'inflation. Selon les Echos ce matin, Jean-Marc Ayrault devrait annoncer, demain, un "objectif" de revalorisation sur 5 ou 10 ans. Avec un premier "coup de pouce" dès l'année prochaine.L'Italie m'inquiète. Le retour de Silvio Berlusconi, la démission annoncée de Mario Monti: la situation politique italienne inquiète le patron du MES, le Fonds de Secours Européen. Klaus Regling a dit, hier, qu'il jugeait important que l'Italie poursuive ses réformes. Sur les marchés, on s'attend aujourd'hui à une nette remontée des taux d'intérêts sur la dette italienne.

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