Que pensez-vous d'Emmanuel Macron, "l'homme du jour"? Syndicalistes, patrons, décideurs, ceux qui l'ont rencontré, ces dernières semaines, alors que le jeune ministre de l'Economie préparait sa "grande Loi", c'est comme ça, commencent, tous, par des compliments. Il est "agréable", "sympathique", "direct", "réactif" (il répond aux SMS), "intelligent", "abordable". "Courageux" également (parce qu'Emmanuel Macron est allé, la semaine dernière défendre son texte, au Congrès des professions libérales, très hostiles). Bon, et à part ça? "Il a été banquier", relève le patron d'une Centrale syndicale, qui ne veut pas critiquer son aller-retour public-privé, mais qui explique que ça donne quelqu'un qui fonctionne d'une façon trop mécanique: "un projet, un objectif... et droit au but". Résultat: "il sort son texte. Et commence la concertation après". "Il n'écoute pas vraiment", traduit un autre syndicaliste. Les patrons, eux, sont ravis, ressortent de son bureau, convaincus qu'ils ont enfin trouvé quelqu'un qui les comprend, "des années qu'on attendait ça". Il faut dire qu'à l'un d'entre eux, il a dit être tout à fait d'accord avec les critiques formulées contre le compte pénibilité. Promet d'y revenir. Aux jeunes dirigeants d'Uber, le service de co-voiturage, il aurait présenté ses excuses pour toutes les contraintes réglementaires dressées contre eux. Son lien direct avec François Hollande plait également aux patrons: "il tutoie le Président, il l'influence". Tous ces témoins pointent, aussi, l'homme pressé, l'ambitieux: "cette loi, c'est l'affaire de sa vie, la "Loi du Siècle". A son âge, c'est incroyable, mais c'est aussi son "va-tout", note un des chefs de file des professions réglementées, qui pense que sa Loi ne poursuit qu'un seul but: terminer le travail de la Commission Attali. Jacques Attali, mandaté par Nicolas Sarkozy, en 2008, pour un rapport sur la "libération de la croissance", et dont Emmanuel Macron a été le rapporteur. Macron ne connaissait pas grand chose à l'économie, à l'époque. Il est alors "formé" par Philippe Aghion, le "social-libéral", le "keynésien de l'offre". L'économiste se souvient de ses longs moments, où au café en bas de chez lui, Emmanuel Macron venait prendre conseils, venait parler "réformes", imaginer les leviers pour une "croissance inclusive" (c'est le concept), celle qui casse les barrières et permet à tout le monde de travailler. "Si sa Loi passe, Macron aura le sentiment du devoir accompli", conclut un témoin.

Toujours plus. Les impôts ne cessent d'augmenter. Un constat dressé par l'OCDE: un niveau record de prélèvements obligatoires pour l'ensemble des pays développés. Le podium ne change pas, d'une année à l'autre. Le Danemark est le pays qui taxe le plus. La Belgique est 3ème. Et entre les 2, au deuxième rang de l'OCDE, donc: la France, avec un taux de prélèvements obligatoires à 45%. Notre pays se distingue par le poids des cotisations sociales, et sa fiscalité sur le patrimoine. Les recettes des impôts sur le revenu et les sociétés sont, en revanche, en dessous de la moyenne. Comme les recettes de TVA.

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