C'est donc l'Etat qui a porté secours, hier, aux constructeurs automobiles français. Presque 8 milliards d'euros, qui s'ajoutent aux premières mesures, dévoilées en décembre. L'Etat va prêter plus de 6 milliards, à un taux préférentiel, à Renault, Renault Trucks (les camions Volvo) et PSA Peugeot Citroën. Il ajoute 1 milliard d'euros de prêt aux filiales bancaires des constructeurs pour soutenir l'octroi de crédits (3 quarts des voitures achetées, en France, le sont à crédit). Enfin, l'aide aux sous-traitants équimentiers est doublée. Cet argent doit permettre à Renault et à PSA de passer la période qui arrive sans trop d'encombre. "La gestion des liquidités" c'est la priorioté de 2009, explique Carlos Ghosn depuis des semaines : il faut financer les stocks (ça coûte très cher) et il faut financer les projets essentiels à venir, les futurs modèles, comme la voiture-propre. D'où, cette question : mais que font les actionnaires de ces constructeurs ? Financer l'activité quotidienne de leur groupe, n'est-ce pas leur travail ? Ne serait-ce pas à eux de sortir le carnet de chèques ? Ils étaient là quand tout allait bien (et encaissaient les dividendes). Ils seront, encore là, quand ça ira mieux. Mais aujourd'hui ? Question posée, hier à un spécialiste automobile. Puis à un spécialiste de la bourse. Réponse "spontanée et identique" des 2 hommes : "mais en ces temps de crise, on ne peut précisément rien leur demander aux actionnaires !". Ils ont beaucoup perdu (virtuellement, en tout cas), les titres Peugeot et Renault ont reculé de 70% en 1 an ! Lessivés, ils ne veulent pas être, en plus, "dilués". Aucune augmentation de capital n'est donc envisageable aujourd'hui. Les actionnaires font le dos rond. Laissent passer l'orage. S'en remettent à l'Etat. C'est le cas de la famille Peugeot. Qui aura, quand même, veillé à ce que l'Etat précisément n'entre pas dans le capital de son entreprise. C'est une possibilité qui a été pourtant évoquée, un temps, par le gouvernement. Finalement, comme pour les banques, elle n'a pas été retenue. Barack Obama dramatise la situation. Le Président américain prédit une "catastrophe économique" si le Congrès, à Washington, n'adopte pas, cette semaine, son Plan de relance. Il doit être voté par les sénateurs, aujourd'hui avant d'être renégocié avec la Chambre des représentants qui a validé une version sensiblement différente. "Sans ce Plan, c'est une décennie sans croissance -comme le Japon en a connu une- qui attend les Etats-Unis", a affirmé Barack Obama. Il estime que son Plan sauvera ou créera 3 à 4 millions d'emplois. Les banques, toujours elles. Ce Plan, outre-Atlantique, doit se doubler de nouvelles mesures pour sauver le système bancaire et financier. Annonces attendues, dans la journée. Selon une étude, publiée hier, plus d'un millier de banques risquent encore aujourd'hui la faillite. Soit une banque américaine sur 8. 19 mars. En France, les syndicats appelent à une nouvelle journée de mobilisation, le 19 mars prochain. Les modalités -grèves, ou manifestations- ne sont pas précisées. L'appel sert, en fait, à maintenir la pression avant le "Sommet social" de la semaine prochaine, à l'Elysée. Aujourd'hui, le gouvernement commence ses consultations avec les syndicats... organisation par organisation.

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