Cette phrase peut paraître parfaitement anodine, évidemment. Le président de la Banque Centrale Européenne peut bien faire ce qu'il veut: voilà ce que vous vous dites, et vous avez bien raison. Sauf que c'est cette nouvelle, hier matin -"Jean-Claude Trichet a pris l'avion"- qui a redonné "espoir" à toute l'Europe... l'espoir d'une possible et imminente "sortie de crise" pour la Grèce et la zone euro! "Jean-Claude Trichet a pris l'avion": pourquoi, donc, cette nouvelle a rassuré? Parce que la président de la BCE décidait, en fait, d'écourter un séjour en Australie (une réunion forcémeent "importante" entre banquiers centraux). Il décidait de rentrer en Europe! Son équipe à Frankfort a eu beau expliquer que ce retour prématuré n'appelait aucun commentaire particulier.. que le président de la Banque Centrale Européenne voulait, simplement, s'assurer d'arriver "à l'heure" au Sommet de Bruxelles de demain ("il ne voulait pas rater sa correspondance" a expliqué un porte-pariole de la BCE), rien n'y a fait: les marchés l'ont traduit, eux, ainsi: Jean-Claude Trichet rentre précipitemment parce que la BCE doit tenir une réunion d'urgence. Et si elle doit tenir une réunion d'urgence, c'est qu'un Plan de sauvetage de la Grèce -hypothèse jusqu'ici niée par toutes les autorités européennes... c'est bien qu'un Plan de sauvetage de la Grèce se prépare. Résultat immédiat hier matin (dès la révélation de cette incroyable nouvelle "Jean-Claude Trichet a pris l'avion"): les marchés se sont retournés. L'euro a repris de la vigueur, face au dollar. Sur le marché des emprunts d'Etat, les taux se détendaient (un peu) pour la Grèce. Mais, aussi et par ricochet, pour le Portugal et pour l'Espagne. Dans la journée d'ailleurs, pendant que Jean-Claude Trichet devait somneler dans son avion (autre information "exclusive" que je vous donne), la rumeur d'un "Plan de sauvetage de la Grèce" s'est précisée. Toujours démentie offciellement... mais il semble, bel et bien, que les Allemands ont décider d'assouplir leur position et acceptent, donc, l'idée d'aider la Grèce. Ce soutien prendrait la forme d'une aide bilatérale (avec beaucoup de conditions), ou de "garanties d'emprunt", dans le cadre d'un Fonds européen. C'est le Sommet de Bruxelles de demain qui le dira. Sans doute. On saura, alors, si Jean-Claude Trichet a bien voyagé. Le gouvernement... pas d'accord avec la Cour des comptes! Il faut croire qu'elle a appuyé, précisément, là où ça fait mal: la gestion des finances publiques. Dans son Rapport annuel, rendu public hier, la Cour affirme que la hausse "historique" des déficits ne tient pas seulement à la crise mais aussi à la gestion du gouvernement! "Il ne maîtrise pas suffisament ses dépenses pour compenser les baisses d'impôts qu'il accorde (par exemple, la baisse de la TVA dans la restauration), ou les niches fiscales qu'il crée" (il s'en crée encore!): voilà ce qu'on peut lire dans ce rapport. Dans un communiqué, publié hier soir, Eric Woerth consteste, formellement, cette vision des choses: la Cour se trompe, écrit-il en substance... "la dégradation du déficit est intégralement imputable à la crise" insiste le ministre du Budget, qui reprend quasiment ligne par ligne le calcul des Sages. En tout cas, en pleine crise de la dette publique en Europe, la Cour des comptes lâche que la France risque -si rien n'est fait- une dégradation de sa "note internationale"! Comme la Grèce. Nicolas Sarkozy va convoquer à nouveau les banques. Il l'a annoncé hier. Le Président de la République estime qu'elles rechignent trop, aujourd'hui encore, à accorder des prêts, ou même des facilités de trésorerie, aux entreprises.

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