C’est un grand patron du CAC40 qui livrait, récemment, son analyse de la situation. Il venait de demander «on est bien off (hors micro)? C’était à Davos, il y a 15 jours. Au bar d’un improbable hôtel. Pas du tout "chic". C’était plutôt ambiance «chalet suisse», odeur de fromage comprise. Ce grand patron a donc accepté de commenter l’étrange situation d’Anne Lauvergeon qu’il connaît bien. Débarquée de la présidence d'Areva, elle doit, aujourd'hui, défendre son bilan contesté. Elle doit se battre en justice pour obtenir ses indemnités de départ. Et en justice toujours, elle réclame la vérité sur l'espionnage de son mari, et d'elle-même. Notre grand patron décrypte: «Lauvergeon sait beaucoup de choses. En cas de victoire de la Gauche, elle pourrait les révéler. On cherche donc à la discréditer maintenant». Que sait, donc, Anne Lauvergeon? Elle en donne un avant-goût dans la longue interview qu’elle accorde au Monde, daté d’aujourd’hui. L’ex-patronne d’Areva prend la parole, une nouvelle fois. Pour se défendre. Et attaquer. "Non", explique-t-elle longuement, elle n'a pas pris, seule, la décision d'acheter UraMin, en 2007. L'OPA sur cette compagnie minière s'est révélée être une catastrophe financière (à ce stade plus d'un milliard et demi d'euros de perdu), cet achat s'est fait à un "mauvais moment" reconnaît-elle aujourd'hui mais, à l'époque, tout le monde était d'acord: l'Etat actionnaire, parfaitement informé. Comme son futur successeur à la tête d'Areva, Luc Oursel, qu'elle qualifie au détour d'une phrase de "cadre", de "cadre ambitieux". Mais Anne Lauvergeon ne règle pas ses comptes avec son seul successeur, elle désigne, clairement, ceux qui, aujourd'hui, cherchent à la discréditer: l'ancien secrétaire général de l'Elysée, aujourd'hui ministre de l'Intérieur Claude Guéant, François Roussely (l'ex-patron d'EDF), et le PDG actuel de l'entreprise publique, Henri Proglio. Le nom de Nicolas Sarkozy n'est pas prononcé, Anne Lauvergeon ne parle que des "plus hautes autorités de l'Etat", celles qui ont toujours poussé, assure-t-elle, pour qu'Areva vende des "centrales nucléaires pas chères et moins sûres". "A n'importe qui". "Il y a eu un engouement pour la Lybie de Kadhafi", dit-elle. "Engouement que je n'ai jamais partagé". Elle conclut, en se donnant le beau rôle: "j'ai dérangé des intérêts de toute nature, des réseaux et des intermédaires dont je ne soupçonnais même pas l'existence il y a quelques années".

Austérité avec bulles. Pepsi, en difficulté face à Coca-Cola, va tailler dans ses effectifs. Le géant américain va supprimer presque 9 mille emplois à travers le monde. 3% de ses effectifs. C'est son 4ème programme d'austérité en 15 ans. Pepsi court toujours après Coca. En bourse, où ses résultats sont très inférieurs à ceux de son éternel rival. Dans les rayons également: aux Etats-Unis, Pepsi est passé au 3ème rang des boissons sans alcool les plus vendues, derrière Coca et Coca light. Pour combler son retard, Pepsi s'apprête à gonfler son budget "publicité".Austérité sans bulle. L'Europe n'est toujours pas convainue des mesures de rigueur adoptées en Grèce. Elles sont pourtant sévères, avec notamment une baisse du SMIC de plus de 20%. Hier soir, les ministres des finances de la zone euro ont réclamé la promesse claire d'Athènes que ces mesures seront mises en place, pour lui accorder un nouveau prêt de 130 milliards.

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