début des négociations sur le pacte de responsabilité
début des négociations sur le pacte de responsabilité © reuters

"Et vous ce Pacte, vous en pensez quoi ?" Depuis plus d'un mois, c'est forcément, et systématiquement, la question que posent les journalistes économiques aux patrons qu'ils croisent. A l'occasion de petit-déjeuners, de déjeuners, voire de dîners de travail.

Premier constat : les patrons font attention à leur ligne, et préfèrent le poisson. Concernant le "Pacte", disons qu'ils sont assez unanimes, plus d'un mois après son lancement, "ils demandent à voir". Un patron -précisons qu'il est passé les cabinets ministériels- raconte comment, d'abord, il n'a pas pris au sérieux l'annonce de François Hollande, le 31 décembre : "je sais comment ça se passe : à l'Elysée, on cherche à faire un "coup", pour les voeux. Souvent sans lendemain". Mais c'est au Forum de Davos, quelques jours plus tard qu'il est surpris de voir à quel point, à l'étranger, l'initiative est comprise et appréciée. "Le tournant de Hollande s'est diffusé aussi vite que sa taxe à 75% !", dit-il. Lui, en tout cas, rejette l'idée d'un "Pacte" à passer avec l'Etat. Pour ce patron, il ne fallait surtout pas entrer dans une logique de contrepartie. "Si l'Etat pense qu'il y a un problème de coût du travail en France, et qu'il faut baisser les charges: il n'a qu'à le faire! Et l'assumer. Seul".

"Moi, si je décide de baisser les prix pour conquérir des marchés (une politique de l'offre), je ne vais dire, je les baisse que si mes clients me promettent de les acheter". Un autre patron, lui aussi proche de la sphère publique, reconnaît, la logique à l'oeuvre. "Le CICE, le Crédit d'Impôt Compétititivité Emploi, n'a pas permis de redresser la barre (la courbe du chômage ne s'est pas inversée, la croissance fait du surplace), il fallait, donc remettre une dose de baisse des charges. Et "il faudra le faire encore et encore. Tant que la machine ne repart pas".

"En 2013, résume ce patron, il y a eu des mesures favorables aux entreprises, mais il y en a aussi eu de mauvaises (des impôts nouveaux, la Loi Hamon, la proposition de Loi sur sites rentables), "2014 doit être toute entière favorable aux entreprises". Et c'est un banquier, finalement, qui tente un décrytage plus global, un banquier marqué par la récente enquête sur la défiance des Français vis-à-vis des institutions, pris au sens le plus large.

Bons derniers: les partis politiques (8%), les médias et les députés (23%), mais tout en haut du classement, les PME obtiennent un taux de confiance de... 84%! "Je ne suis pas plus malin que d'autres, dit ce banquier, mais si j'étais un homme politique en mal de popularité, ma stratégie serait très simple. Je ferais tout pour faciliter la vie des entreprises (des petites et moyennes, en particulier), les Français, alors, me soutiendraient!"

Pacte de responsabilité : 1er jour de négociations à Matignon
Pacte de responsabilité : 1er jour de négociations à Matignon © radio-france

► ► ► I Aller plus loin sur le pacte de responsabilité sur le site de France Inter :

L'annonce du pacte lors des voeux de François Hollande

Les réactions immédiates à l'annonce

3 ans ? Le patron des députés socialistes a trouvé comment imposer des contreparties au "Pacte" de François Hollande. Bruno le Roux a proposé, hier, une exonération totale de cotisations sociales pour tout emploi créé, et ce pendant 3 ans. Il semble viser, plus particulièrement, les PME. Pour Bruno le Roux la mesure aurait, effectivement, cet avantage: les entreprises en bénéficieraient que si elles recrutent: il y aurait donc, une contrepartie totale.Regard. Dans un entretien accordé aux Echos, ce matin, Arnaud Montebourg chiffre, de son côté, à 1,65 million le nombre d'emplois que devrait s'engager à créer le patronat, dans le cadre de ce pacte. "La sanction" précise-t-il, "ce sera le regard de la Nation".

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