François Fillon s'en est donné à coeur joie, hier, à l'occasion de ses voeux à la presse. Ses 5èmes, à Matignon. Il a parlé "Europe". Il a évoqué les enjeux du Sommet social de la semaine prochaine à l'Elysée, qu'il a appelé d'ailleurs "Sommet de crise" (c'était la première fois qu'on entendait l'expression). Il a parlé "déficit et dette" (on va y revenir). Mais il a surtout passé une bonne partie de son discours à "pilonner" François Hollande. Piqué au vif, semble-t-il, François Fillon n'accepte pas que le candidat socialiste dénigre, à longueur d'interventions son bilan: "La France abaissée, abîmée... dégradée": la petite phrase de François Hollande, dans son "adresse aux Français" n'a, apparement, pas plu au Premier ministre. Qui a rendu, coup pour coup hier, parlant du "catastrophisme rustique" du candidat PS. Et de sa "scorpionite", "cette autolyse qui consiste à nous envenimer pour mieux croire au mythe du phénix qui renait de ses cendres". Une citation qui permet d'aller, au moins 2 fois, consulter un dictionnaire. François Fillon, pour appuyer ses critiques avait, en tout cas hier, une bonne nouvelle à annoncer: le déficit de l'Etat, pour 2011 (que les services de Bercy sont en train de finaliser) sera moins important que prévu. 4 milliards de moins par rapport à la dernière prévision de novembre. Tout le monde s'en réjouit, évidemment. A l'attention des agences de notation, qui se préparent à dégrader la France, François Fillon estime que c'est la preuve que les comptes du pays restent bien tenus. Sauf que Standard&Poor's, Moody's et Fitch n'auront pas de mal à vite s'apercevoir que le déficit, annoncé hier, par François Fillon, est, en fait, "tout proche" de celui que la Loi de Finances initiale prévoyait: 92 milliards d'euros. Et que si l'objectif, voté fin 2010, est finalement atteint, c'est grâce à quelques bonnes surprises: la vente, plus lucrative que prévue, des licences de téléphonie 4G et le report (à 2012) d'une nouvelle aide à la Grèce. Le gouvernement, lui, met en avant sa "réactivité". Le changement des règles de l'Impôt sur les Sociétés, par exemple, qui a fait rentrer 2 milliards d'euros, in extremis. Mais qui souligne que le gouvernement Fillon a tenu ses objectifs avec des recettes supplémentaires et non en réduisant ses dépenses. Soit exactement le reproche qu'il fait au projet socialiste.

Payer pour prêter. Des investisseurs prêtent à perte de l'argent à l'Allemagne! Hier, l'Allemagne a levé un peu moins de 4 milliards d'euros, sur les marchés financiers, en proposant un taux d'intérêt négatif (sur 6 mois): -0,0122%. Autrement dit, les investisseurs, dans 6 mois, récupèrerons un peu moins d'argent qu'ils n'en ont prêté, hier, à l'Etat allemand. Ce sont des situations extrêment rares, sur les marchés évidemment, mais la preuve, ça peut arriver! L'Allemagne, notée triple A et véritable "référence" européenne, rassure mais ces taux d'intérêt négatifs signifient, surtout, que les investisseurs se méfient des banques, où ils pourraient, pourtant, au minimum laisser dormir leur argent. Ils préférent investir à perte.SeaFrance. Après la liquidation... 3 solutions subsistent pour les salariés. La SCOP, soutenue par la SNCF. La SCOP, aidée par Eurotunnel. Ou encore: la reprise d'une partie du personnel par Louis Dreyfus Armateurs. Selon le gouvernement, 300 salariés pourraient être repris, "sous pavilllon français".

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