Le patron d'Orange convoqué à Bercy, comme ses homologues de Bouygues, SFR et Free. Un rapport d'étape sur la "grande panne" avant la fin de cette semaine. Et un rapport complet, d'ici fin juillet. Enfin, un audit de sécurité des 4 réseaux français de téléphonie mobile: le gouvernement a décidé de prendre en main le dossier, depuis vendredi. Mais, aussi et surtout, de reprendre en main ce secteur des télécoms. Au ministère du redressement productif (chez Arnaud Montebourg), ça les démangeait depuis leur installation. Comme ça démangeait d'ailleurs, l'équipe précédente, autour d'Eric Besson. Stéphane Richard, le patron d'Orange, et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, à Bercy, semble d'ailleurs encourager Arnaud Montebourg et sa ministre délégué, Fleur Pellerin dans leur démarche. Dans l'interview accordée au Figaro (et qu'on évoquait, ici même hier), il expliquait ceci: "cela fait 15 ans que l'Etat s'est largement dessaisi de tout moyen d'action sur ce dossier (des télécoms) pourtant stratégiquement et économiquement primordial. Je comprends ce sentiment de frustation du politique". La meilleure défense restant l'attaque (vieil adage): le patron d'Orange désigne un responsable: le régulateur "indépendant et technocratique" selon ses propres termes. A savoir l'Arcep, l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes. Depuis des mois, l'Arcep est très critiquée (grosso modo: pour avoir accordé une 4ème licence de téléphonie mobile à Free, sans savoir mesuré, dit-on, les conséquences pour l'emploi). La "grande panne" d'Orange, qui n'a, sans doute, rien à voir, pourrait, du coup, permettre, au gouvernement de serrer l'étau autour de cette institution, dont l'indépendance, effectivement, agace. Eric Besson, en son temps, avait tenté d'imposer un représentant du gouvernement au sein de l'Arcep (histoire de mieux la surveiller), avant d'en être empêché. Aujourd'hui, au sein de l'Arcep, on s'attend, donc, à de nouvelles attaques. Hier, son président, Jean-Ludovic Silicani, lors d'un colloque, s'est montré particulièrement combatif. Il a fustigé ceux qui reprochent l'arrivée de Free sur le marché des mobiles. Un débat "idéologique et schématique" a dit le patron de l'Arcep "fondé sur des contrevérités ou des erreurs de raisonnement... grossières".

Espagne. Les Européens volent au secours de l'Espagne. La réunion a duré jusqu'à très tard, cette nuit. Les ministres des finances de la zone euro, à Bruxelles, se sont entendus pour débloquer une première partie de l'aide promise aux banques espagnoles. 30 milliards d'euros, peut-être dès la fin juillet. Parmi les conditions qui leurs seront imposées: une limitation du salaire des dirigeants de ces banques. Mais l'Eurogroupe, cette nuit, a aussi accepté de retarder d'un an le délai accordé à l'Etat espagnol pour ramener son déficit à 3% du PIB: ce sera 2014, plutôt que 2013. Là encore, il y a une condition: que Madrid présente un nouveau plan d'économies.Musique. La rigueur toujours, mais cette fois-ci en Italie. Pour l'exemple, le patron de la Scala, à Milan, le Français Stéphane Lissner accepte de réduire son salaire. De 10% pour sa partie fixe, qui va passer à environ 400 mille euros par an. Et de 20% pour sa part variable.Dégringolade. Concurrencé par Apple et Samsung, en retard sur les smartphones, Nokia est en grande difficulté. Hier, son titre à la bourse est passé sous 1 euros 50, pour la première fois depuis 1996. Sa capitalisation boursière a fondu de 60% depuis le début de cette année.

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