C’est une de ses anciennes ministres qui parle ainsi de lui: «Ce n’est pas maintenant que Nicolas Sarkozy va changer! Moi, ajoute-t-elle dans une boutade, j’ai renoncé à changer mon mari depuis ses 45 ans. Sarkozy en a 58!». Ça, c'était avant l’intervention de l’ancien président de la République, devant l’UMP lundi. Après, c’est Hervé Novelli, ex-ministre de Sarkozy lui aussi, qui confirme: «Celui que j’ai vu, ce n’était pas un Sarkozy "nouveau". Au contraire, c’était exactement le même qu’avant!». Il ne le dira pas (il insiste, au contraire, sur «l’extraordinaire orateur», «le pédagogue hors pair»), mais on comprend que dans son esprit, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle... ce retour du Sarkozy «d’avant».

Parce qu'Hervé Novelli, aujourd'hui soutien de François Fillon, fait partie de ceux qui, à l’UMP, ont commencé le travail «d’inventaire» sur le quinquennat précédent. Dans une interview au journal «L’Opinion», il y a quelques jours, le représentant de l'aile "libérale" du parti y est allé carrément: «Sur un certain nombre de sujets, nous n’avons pas affiché des choix clairs. Nous nous sommes même contredits. (...) La ligne économique est restée floue».

Le discours de Nicolas Sarkozy, lundi à l’UMP, l’a, semble-t-il, conforté dans son idée. «Il a critiqué le manque d’idées politiques... mais il n’en a apporté aucune de nouvelle! Les idéologies sont mortes, la grille de lecture droite-gauche est démodée, a répété lundi l'ancien Président. «Je ne le crois pas», rétorque Hervé Novelli, qui s’inquiète du «pragmatisme» à nouveau vanté par Nicolas Sarkozy devant les siens, le pragmatisme, source pour le libéral Novelli de tant de «demi-mesures» lors du quinquennat précédent, et de tant de «déceptions à droite».

Aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence ce week-end, on a entendu, lors d’une table ronde, Valérie Pécresse commencer, elle aussi, une auto-critique sur le «paquet fiscal» de l’été 2007 : « sans doute des baisses d’impôts trop importantes », a-t-elle suggéré, « financées par la dette » et « qu’il a fallu corriger ensuite ».

Hervé Novelli, lui, reproche précisément cet aller-retour fiscal. «Est-on pour la baisse des impôts, ou l’inverse?», demande-t-il avant d'élargir son questionnement: est-on pour le libre échange, ou va-t-on, comme lors du précédent quinquennat, promouvoir le protectionnisme? L'UMP défend-elle l'entreprise, ou va-t-elle continuer à stigmatiser les « patrons voyous »?

Nicolas Sarkozy, lundi, a esquissé un mea-culpa. Sur la compétitivité (« On aurait dû y réfléchir plus tôt »), sur le principe de précaution, inscrit dans la Constitution par Jacques Chirac (une « bonne idée pervertie »). Hervé Novelli acquiesce, mais rappelle que lui a toujours été constant sur ces questions.

Rayons. Casino peut racheter Monoprix. L'Autorité de la concurrence vient de donner son feu vert définitif. Le rachat de Monoprix par Casino a été annoncé il y a 1 an. Une opération à plus d'un milliard, mais le gendarme de la concurrence avait rapidement exprimé des « doutes », Casino obtenant plus de 50% de part de marché à Paris. L'Autorité de la concurrence, en échange de son feu vert, réclame, du coup, la cession de 55 magasins.

Note. Standard & Poor's dégrade à nouveau l'Italie. La note du pays passe de BBB+ à BBB. L'agence pointe la dégradation des perspectives économiques du pays.

Prévisions. A ce sujet, le FMI a abaissé, à nouveau, ses prévisions hier: la croissance mondiale ne devrait pas, finalement, dépasser les 3,1%, cette année. La zone euro plombe toujours les performances, la reprise aux Etats-Unis déçoit, mais surtout -et c'est nouveau-, les pays émergents ralentissent.

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