Confidence récente de François Fillon (c'était mardi, devant les députés UMP): "tous les jours, la première chose que je fais, c'est regarder le "spread" entre la France et l'Allemagne". En février 2009, à la télévision, Nicolas Sarkozy, lui aussi, avait avoué que "tous les jours, il observe l'évolution des spreads". Le "spread", c'est effectivement un indicateur économique intéressant: c'est le terme (anglais) pour désigner l'écart de taux entre la France et l'Allemagne, l'écart entre les rendements d'une obligation d'Etat française et d'une obligation d'Etat allemande (le "Bund" allemand, qui sert de référence en Europe). Avant la crise, la France et l'Allemagne étaient très proches, au coude-à-coude. Leurs taux évoluaient, de façon plutôt parallèle. Avec la crise grecque, tous les 2 ont profité de la désaffection des investisseurs pour les pays devenus risqués et qui se sont reporté sur les produits français et allemands. Mais voilà, depuis quelques jours, la situation a changé. La France décroche. Le "spread", entre la France et l'Allemagne augmente, et atteint 1 demi point de pourcentage, désormais. C'est un quasiment doublement, en une semaine, même si on a constaté une légère détente, hier soir. La France s'endette, donc, un peu plus cher que l'Allemagne. Rien de dramatique, à ce stade. Rien d'étonnant non plus, affirment tous les spécialistes: l'Allemagne vient d'annoncer un nouveau Plan d'économies, donc les investisseurs sont rassurés et se tournent vers les produits allemands. D'ailleurs, il n'y a pas que la France qui voit ses taux augmenter: d'autres pays, bien notés comme l'Autriche et les Pays-Bas subissent le même sort. Ce n'est pas encore grave, donc. Ce n'est pas étonnant, non plus mais, en France, cette situation commence, quand même, à agiter certains responsables de la majorité. Sur le thème "quand est-ce que le gouvernement va -enfin!- réagir, et dire, tout haut, qu'il faut instaurer la rigueur! Très fâché un député UMP, hier soir, s'emportait: "vous avez entendu parlé, vous, d'un plan d'économies digne de ce nom? On entend parler d'un "rabot", d'une "chasse au niches", de dépenses "zéro volume" ou "zéro valeur" mais y'a-t-il eu une seule mesure concrête annoncée pour contenir la dérive des dépenses en France. "Non, rien", conclut-il. "C'est de l'amateurisme"! Orange veut entrer dans le capital du "Monde". Stéphane Richard, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, l'ami de Nicolas Sarkozy, aujourd'hui patron de France Telecom-Orange, a confirmé, hier, qu'il participerait bien à la reprise du journal "Monde", en difficulté. Plusieurs candidats sont sur les rangs, Orange, un peu à la surprise générale, s'ajoute donc à la liste. Mais Stéphane Richard précise qu'il n'a nullement l'intention d'y aller seul. Une participation "minoraitaire", dit-il, lui suffirait. Plus globalement, il estime qu'Orange n'a pas vocation à produire ou à éditer ses propres contenus. Taper dans la caisse? Le gouvernement, tenté de "taper dans la caisse", pour financer les retraites. La caisse, en l'occurence, c'est le Fonds de Réserve des Retraites. Il a été créé pour prendre en charge les dépenses de retraites, à compter de 2020. Mais puisque "les déficits ont 20 ans d'avance", a déclaré, hier, Eric Woerth, le ministre du travail, pourquoi pas ne pas s'en servir dès aujourd'hui". Le Fonds de Réserve de Retraites est doté de 35 milliards d'euros. Le bilan des salaires en France... dressé par l'INSEE, ce matin. Les données datent de 2008, mais permettent de se situer. De se comparer. Un salarié français du privé, à temps complet, gagnait en 2008, en moyenne 2.069 euros net. 10% des salariés à temps complet gagnent moins de 1.123 euros. Et à l'autre bout, 1% des Français les mieux payés gagnent plus de 7.800 euros par mois.

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