C'est un rapport qui ne plaiera pas à Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales. Et encore moins aux syndicats. Il va être critiqué, contesté. Mais, dit autrement: il va alimenter le débat qui s'engage, sur la future réforme des retraites. Cette étude, c'est la Fondation iFRAP qui s'apprête à la publier. "Les 15 clés de la réforme" annonce son titre, mais dès les premières lignes, on comprend qu'elle vise, d'abord, le régime des retraites de la fonction publique. Le think tank, classé à droite, mais qui se défend de toute démarche partisane (il a beaucoup critiqué les réformes prédécentes, et notamment celle des régimes spéciaux de Nicolas Sarkozy), estime que ce sont bien les retraites du public, cette fois-ci, qui doivent être au coeur de la réforme. Les pensions "publiques", écrit d'entrée l'iFRAP, sont passées d'un coût de 18 milliards d'euros en 1990, à 42 milliards l'année dernière. Et bientôt, 48. Le déficit des régimes publics est "camouflé", affirme l'étude qui estime qu'aujourd'hui, il dépasse celui du régime du privé. Le rapport dénonce, sur ce point, les "silences coupables" du Conseil d'Orientation des Retraites, chargé, pourtant, "d'éclairer le débat". Voilà qui va plaire. L'étude avance l'explication: le COR est dominé par des représentants du secteur public et, du coup, ses rapports tendent "systématiquement" à minimiser les différences entre privé et public" L'IFRAP, du coup, se charge de démontrer l'inverse: les écarts entre les niveaux de retraites, mais aussi la durée pendant laquelle les pensionnés en profitent, sont "considérables" affirme son étude, qui compare, par exemple, la situation d'un enseignant du privé, travaillant dans un établissement sous contrat avec l'Etat, et celle d'un enseignant du public. Les carrières sont comparables mais pour le public c'est 4 à 7% de cotisation en moins pour une retraite, au final, supérieure. Pour l'iFRAP, c'est clair: la réforme qui vient doit, donc, s'attaquer au mode de calcul de la retraite des fonctionnaires, ce que les syndicats ont déjà qualifié ce "casus belli". Pour cette étude, c'est une étape "inéluctable" qui doit conduire, ensuite, à la fusion de tous les régimes, publics et privés. Parce qu'aujourd'hui, la compléxité nuit. Aux futurs retraités, qui ne savent pas évaluer combien ils toucheront, à la fin de leur carrière. Qui nuit aussi au financement du système. L'étude explique que si on gérait les retraites complémentaires (aujourd'hui éclatés en une multitude de caisses) comme on gère la CNAV (le régime de base général), on économiserait 1 milliard d'euros par an. Mais, écrit l'iFRAP, dans un tacle supplémentaire aux syndicats, les multiples caisses de retraites existantes aujourd'hui sont autant de sources de financements des partenaires sociaux.

Verte. Laurence Parisot critique Arnaud Montebourg. La présidente du Medef s'est dite, hier, "choquée" par les propos du ministre concernant Stéphane Richard. Le patron d'Orange, en sa qualité d'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, à Bercy, est convoqué aujourd'hui par la Police pour s'expliquer sur son rôle dans l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais. "S'il est mis en examen, ce sera difficile pour lui de rester" a déclaré Arnaud Montebourg, à plusieurs journalistes, avant de démentir avoir tenu de tels propos. Pour Laurence Parisot, cette déclaration constitue une "immixion dans la gouvernance de l'entreprise... immixion tout à fait anormale".

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