Comme souvent, c'est Jean-Claude Mailly qui a trouvé la bonne formule. "Le Socialisme de l'offre est un... oxymore" dit le patron de Force Ouvrière, ce matin, dans l'interview qu'il accorde à Libératon. Oxymore: rapprochement de 2 mots qui semblent contradictoires, précise le Larousse. Mailly justifie sa formule: le "Pacte de responsabilité", qui ancre la politique du gouvernement, définitivement, dans le camp des politiques pro-entreprises, "ne passe pas. Ne marchera pas", conclut-il. Dans leur "plateforme de l'Appel des 100", les élus socialistes "frondeurs" (mécontents de la politique menée), disent exactement la même chose. Sans formule-choc. Sur un ton plus policé évidemment, moins agressif, mais avec des formules qu'il faut, en revanche, lire "en creux". Comme celle-ci: "la politique de la France doit rechercher l'efficacité. Elle ne saurait aggraver les inégalités". Sous entendu: c'est ce qu'elle fait aujourd'hui! 2 lignes en dessous: "il est de notre devoir d'aider notre pays à trouver le "bon chemin": on comprend qu'à ce stade, on emprunte le mauvais. Avec ce résultat: les 18 prochains mois de hausse de chômage que prédisent pour la France, la plupart des instituts de conjoncture. Pour ces élus socialistes: le principal problème, c'est ce choix tranché en faveur des entreprises. Qui doit être remis en cause. Ou plutôt rééquilibré parce ces Socialistes frondeurs ont choisi de ne pas remettre en cause la trajectoire des finances publiques. C'est à l'intérieur de l'enveloppe des "50 milliards" qu'ils proposent de tout revoir. Là, où il est prévu 5 milliards d'euros d'allégements en faveur des ménages (d'ici à 2017), ils avancent 16 milliards et demi. "A l'image de ce que fait Matteo Renzi en Italie" est-il écrit. L'idée d'une CSG progressive refait surface, avec la création (proposée) de taux réduits pour les ménages modestes et la classe moyenne. Là où rien est prévu, ces députés socialistes proposent 300 mille emplois aidés supplémentaires, et souhaitent aussi que 5 milliards soient consacrés au soutien de l'investissement public. Enfin et surtout, là où 41 milliards d'euros de baisses d'impôts et de charges pour les entreprises sont programmées, ils demandent de réduire l'enveloppe à 22 milliards (22 milliards et demi, pour être précis). Là encore, la formule en creux est fatale: "on peut aider potentiellement 2 fois plus puissamment les entreprises qui en ont besoin", écrivent-ils. Rappelant qu'un tiers seulement des aides prévues aujourd'hui bénéficient à des secteurs exposés à la concurrence internationale.

C'est non? Free a déposé une offre de rachat de Bouygues Telecom. Et Bouygues l'a refusé. Information de l'agence spécialisée Bloomberg. Si on la croit, Iliad, la maison mère de Free, aurait déposé une offre de rachat, comprise entre 4 et 5 milliards d'euros. "Pas assez" pour Bouygues, qui en veut au minimum 7. Les discussions, depuis, sont "au point mort", selon Bloomberg. C'est, demain, que Bouygues Telecom devrait dévoiler, en Comité Central d'Entreprise, son plan de relance stratégique. Il devrait annoncer une simplification de ses tarifs, mais surtout, un vaste plan de suppression d'emplois. Sans doute, 2 mille postes. Sur un total de 9 mille.

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