Ce matin, plus de 72 heures après la "grande panique", on a toujours pas retrouvé le trader de Wall street qui a confondu "millions" et "milliards" en passant un ordre en bourse. C'était jeudi dernier, un peu après 14h30 -heure de New York. C'est lui qui aurait fait perdre, dans les 20 minutes qui ont suivi sa "bourde", environ mille milliards de dollars de capitalisation boursière. Une dégringolade de 9% des plus grands indices boursiers de Wall Street. Une "immense panique" qui a ajouté "de la crise à la crise grecque". Ce matin donc, on n'a toujours pas retrouvé ce "trader-gaffeur". Et pour cause: il n'existe-il, peut-être, pas! On commence, en tout cas, sérieusement, à le penser. Le plongeon de jeudi dernier ne serait pas parti d'une erreur de manipulation. La banque Citygroup, pointée du doigt dès le début de l'affaire, continue d'ailleurs à nier toute implication. Et tout "ratage". Alors que s'est-il rééllement passé? C'est mystère le plus total: les sociétés de bourse, les différentes agences et administrations américaines chargées de la régulation des marchés financiers ont commencé leur enquête. Plus de 50 personnes seraient mobilisées. Jusqu'à la sécurité interieure et l'anti-terrorisme, qui, ce week-end, a affirmé que rien, à ce stade, ne permettait de penser à une "cyber-attaque"! Tous les regards se tournent, en fait, vers les ordinateurs. Les ordinateurs qui gèrent, aujourd'hui, automatiquement, une partie croissante des échanges effectués en bourse. Particulièrement aux Etats-Unis. Au départ, il y aurait, donc, bien un ordre de vente important sur le titre Procter&Gamble (mais pas forcément "erroné"). Opéré alors que la bourse était en baisse, il aurait déclenché des opérations automatiques en cascade, générées par des ordinateurs. Des opérations immédiates, instantanées. Beaucoup servent à "couvrir" les opérateurs d'un risque de retournement rapide du marché: les ordinateurs vendent automatiquement, passé un certain seuil. D'autres, et c'est plus problématique, ont démarré parce précisément le marché s'emballait. C'est ce qu'on appelle le "trading à haute fréquence", des ordres passés à la milliseconde pour faire des bénéfices, très rapidemment, en jouant sur les écarts entre les marchés. Ces opérations ont, évidemment amplifié la chute. Et, après la panique de jeudi dernier, ces opérations sont, désormais, dans le collimateur des autorités. Overlord. Et si on osait, et on va oser), on pourrait parler d'une opération digne du "Débarquement", de la Seconde guerre mondiale! Plus de 750 milliards d'euros débloqués, et tout ce que compte la planète en organisations et en structures économiques, mobilisées: l'Union européenne, le FMI, le G7, et les grandes banques centrales, y compris la FED. Dans le détail, les Européens ont décidé de créer un Fonds d'urgence de 60 milliards d'euro, auquel s'ajoute une garantie de 440 milliards, pour venir en aide à tout pays membre de l'Union européenne qui connaîtrait des difficultés. Le FMI s'engage à verser 250 milliards d'euros supplémentaires. La BCE se fait violence. La Banque Centrale Européenne annonce, elle, qu'elle va, désormais, acheter de la dette publique, dans la zone euro: ce qu'elle avait toujours refusé de faire, jusqu'ici. Avec d'autres banques centrales (la Réserve Fédérale américaine, notamment), elle active également un système de soutien aux banques commerciales, pour qu'elles s'alimentent, correctement, en dollars. Ce qu'elles avaient du mal à faire, depuis quelques jours, comme après la faillite de Lehman Brothers. Autant dire qu'on n'était plus très loin d'un nouveau chaos... Tokyo. A Tokyo, ce vaste plan de sauvetage de la zone euro est bien accueilli, bien que mollement. La bourse termine en hausse modérée: +1,6%. L'euro s'est légèrement redressé.

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