Il n'a, peut-être, pas voulu gâcher la fête, dimanche, en évoquant, avec ses amis socialistes français, l'avenir de Dexia. En fait, on n'en sait rien: peut-être, finalement, a-t-il glissé un mot ou deux de la situation de la banque, à l'un des membres de l'équipe de campagne. Elio di Rupo, le Premier ministre belge, était à Paris, dimanche soir.Venu fêter la victoire de François Hollande: "un ami qui devient Président de la République", comme il l'a dit lui-même. 2 amis, donc, qui vont devoir, dans une toute autre ambiance, se reparler très vite de Dexia. En Belgique en tout cas, depuis une quinzaine de jours, c'est redevenu l'un des sujets les plus commentés, dans les médias et par la classe politique belge. Dexia, la banque franco-belge, refait parler d'elle parce que son avenir inquiète toujours. Tout le monde en est convaincu: malgré le plan de sauvetage de 2008, puis le plan de démentèlement de la banque l'année dernière, elle demeure un risque pour tout le système bancaire européen. "Pire que Lehman brothers", estiment certains, qui ajoutent "Dexia, c'est la "première urgence du nouveau Président". Le Monde révélait d'ailleurs, hier, que Pierre Moscovici, qui est chargé, par François Hollande, de préparer la "transition", a été reçu, mardi à l'Elysée, pour en parler. Dexia va bientôt et à nouveau, manquer d'argent: l'Etat belge et l'Etat français pourraient devoir réinjecter quelques milliards dans la banque. Des milliards d'euros que n'ont, ni l'un, ni l'autre. A Paris, on a tendance à trouver, cela dit, que les Belges "chargent" un peu trop la barque. "Ils profitent de la période de transition politique, ici, pour avancer leurs pions" explique-t-on, au sein de la banque. Par exemple, ils aimeraient bien réduire leur part dans les garanties financières accordée à Dexia (90 milliards, au total). Les belges tentent, également, de reprendre les commandes, en poussant vers la sortie les patrons actuels, dont Pierre Mariani, mis en place par Nicolas Sarkozy. Leurs départs semblent actés: "ce sera avant la fin juin" ont-il annoncé, hier, au cours de l'Assemblée générale de l'entreprise. Fin juin, le temps que le nouveau gouvernement français s'installe, et valide la décision. Ce sera (pour lui) une plongée immédiate, dans l'un des dossiers le plus "catastrophique" de cette crise financière. Qui n'en finit pas.

Grèce. La Grèce va bien recevoir, aujourd'hui, un chèque de ses partenaires européens. Et ce n'était pas gagné, hier: certains ont craint, un moment, que l'Europe refuse de signer le chèque promis, en raison de la situation politique, à Athènes: l'impossibilité de former un gouvernement. Cela dit, les Européens ne vont verser, aujourd'hui que 4 milliards 200 millions d'euros, contre 5 milliards 2 prévus. Le milliard manquant, n'étant pas immédiatement indispensable, pour éviter la faillite de la Grèce, l'Europe se donne le temps de voir comment va évoluer la situation politique du pays.Espagne. En Espagne, le gouvernenent a choisi, finalement, de nationaliser Bankia, la 4ème banque du pays emportée par la déconfiture du marché immobilier. Demain, Madrid devrait présenter un plan pour l'ensemble de son secteur bancaire.Japon. Nationalisation encore: celle, au Japon, de Tepco, l'exploitant de la Centrale de Fukushima, dans l'état que l'on sait. Pour le gouvernement japonais, il s'agit, là, d'éviter la faillite de l'entreprise qui assure l'alimentation électrique de Tokyo.

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