Finalement, il n'y a rien de moins spectaculaire qu'une opération financière. Même si c'est la plus importante, la plus puissante, la plus audiatieuse jamais menée en Europe. Elle a commencé, hier... par un tweet de la Banque Centrale Européenne. Il est 11h05: "comme annoncé précédemment, écrit-elle, la BCE et les banques centrales de l'Eurosystème ont commencé leurs achats dans le cadre du programme d'achat de titres du secteur public". Ainsi, donc, a débuté ce que les initiés appellent le QE, le "quantitative easing", un programme d'assouplissement monétaire totalement inédit en Europe. Plus de mille milliards d'euros de rachats de dettes des pays de la zone euro. 60 milliards par mois, jusqu'en septembre 2016, au moins. L'objectif de cette opération, c'est booster le crédit (aux entreprises et aux ménages), doper les exportations européennes (en faisant baisser l'euro) et faire remonter les prix. Bref: il s'agit d'éviter la déflation par une opération à la fois gigantesque et totalement invisible. Elle a débuté hier: un opérateur raconte (dans Les Echos) avoir été contacté par sa banque centrale, qui lui a demandé ses positions sur les différents titres publics. Ensuite, un appel a été lancé, et les ordres électroniques ont été passés. Voilà, c'est tout. Pour le reste: le prix, les quantité achetées, les pays concernés... aucune information officielle n'a été donnée. Par recoupements (entre traders), on sait que les premiers achats ont concerné des titres de dettes allemands, français et néérlandais. Italiens, peut-être. La preuve, c'est que les taux d'intérêt de ces pays ont baissé. Apparemment, les opérateurs ont été déçus par les montants demandés: très faibles pour cette première journée: "à ce rythme, on y arrivera pas" commente un expert. En fait, selon un banquier, c'est le grand jeu "du chat et de la souris" qui a commencé, hier, la BCE voulant rester très secrète sur ses affaires, le marché souhaitant, lui, tout savoir. Savoir, surtout, si les centaines de milliards annoncés sont rééllement dépensés.

Le retour du grand méchand Free. "Grand méchand" parce qu'hier, par une simple invitation certes, énigmatique, Xavier Niel a provoqué la panique à la bourse. La bourse de Paris inquiète de ce que pourrait annoncer, ce matin, le fondateur de Free. Tout s'est joué en début d'après-midi: l'opérateur, habitué des coups médiatiques, annonce la tenue d'une conférence de presse "surprise", ce matin, à 9h. Est-ce pour annoncer le lancement d'un smartphone-maison? Ou une nouvelle baisse du tarif de ses forfaits? Xavier Niel va-t-il relancer la guerre des prix dans la téléphonie? Immédiatement, à la bourse, les cours d'Orange, de Bouygues, de Numéricable-SFR, mais aussi de la maison-mère de Free, Illiad, ont chuté.

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