"Les laisser tomber nous ferait courir un risque trop grand pour l'ensemble de l'économie": cette phrase, on l'a entendue il n'y a pas si longtemps - c'était à propos des banques, empêtrées dans la crise des subprimes. Cette phrase, elle est, à nouveau, prononcée aux Etats-Unis mais cette fois-ci, à propos des constructeurs automobiles. Ce n'est pas un scoop : ils vont mal. Ce qui est nouveau, c'est qu'on sait maintenant qu'ils vont... très mal ! General Motors est, tout à fait officiellement depuis vendredi, au bord de la faillite. Ses ventes s'effondrent (-45% pour le mois d'octobre). Pour payer ses salariés, pour payer ses fournisseurs, GM puise des milliards dans ses réserves. Si la situation devait durer, si General Motors devait encore longtemps "rouler sur la réserve", la société devra se mettre en faillite, au début de l'année prochaine. Les 250 000 employés du constructeur sont évidemment directement menacés, mais au total, en comptant les fournisseurs, les sous-traitants, les entreprises associées, ce sont 2 millions et demi de salariés américains susceptibles de payer au prix fort une défaillance de General Motors. Et comme Chrysler et Ford ne vont guère mieux, c'est bien toute l'industrie automobile qu'il faut désormais sauver, de l'autre côté de l'Atlantique. Barack Obama l'a promis et l'a répété lors de sa première conférence de presse de président élu, vendredi. L'administration Bush, aussi, assure tout mettre en oeuvre. Un Plan de 25 milliards a été voté, mais il faudrait, sans doute, 2 fois plus. La méthode pour y arriver en tout cas est toute trouvée : "il faut faire comme pour les banques", affirment certains élus démocrates. Notamment en nationalisant partiellement les constructeurs automobiles américains. A son tour, la Chine tente de relancer son économie. Le gouvernement chinois a dévoilé, hier, un important Plan de relance pour faire face au ralentissement de la croissance mondiale et à la récession même annoncée dans les pays développés, gros consommateurs de produits chinois. Pékin s'apprête à débourser 4 000 milliards de yuans, soit plus de 450 milliards d'euros d'ici à la fin 2010. Ce Plan passe par des mesures de soutien de la consommation intérieure chinoise, et par le lancement de grands travaux. Les places boursières asiatiques apprécient : elles sont toutes en forte hausse, ce matin. Quasiment + 6% à la clôture à Tokyo. "D'accord sur les principes... pas encore sur les remèdes" . C'est le bilan de la réunion du G20, ce week-end au Brésil, réunion préparatoire au Sommet de Washington, prévu cette fin de semaine, et qui doit tirer les leçons de la crise financière. Jusqu'où doit aller la régulation des marchés ? La question fait encore débat, semble-t-il. Nicolas Sarkozy affirme avoir un mandat "parfaitement clair" pour négocier au nom de l'Europe.

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