Cette histoirec'est un autre que moi qui la raconte dans un documentaire diffusé, ce soir sur Arte. Documentaire que je vous recommande chaudement si vous vous sentez parfois perdu quand on vous parle, ici ou ailleurs, d'EADS, la maison-mère d'Airbus. Ca fait 10 ans qu'elle a été créée. On a d'abord salué les succès de ce "fleuron de l'industrie franco-allemande" qui taillait des croupières au méchant Boeing (on regardait passer ses gros et beaux avions l'A320, l'A330, l'A380...) mais depuis presque 3 ans, l'entreprise est surtout citée pour ses ratés, ses échecs. Et on la retrouve aussi à la chronique judiciaire! C'est tout cette histoire -cette dérive!- que raconte le documentaire diffusé, ce soir. Tout y est expliqué avec beaucoup de clarté. Et une forte dose d'humour et d'ironie, ce qui ne gâche rien. EADS, c'est d'abord l'histoire d'une privatisation, menée par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin. C'est une opération qui s'est faite tout à la faveur de Jean-Luc Lagardère, patron du privé, qui devient -situation inédite- le représentant du gouvernement français au sein de l'entreprise puisque les Allemands ne voulaient pas voir l'Etat français autour de la table. Dès la naissance d'EADS, voilà la rivalité franco-allemande posée. Elle va peser, lourdement, par la suite. Tout comme la guerre franco-française, celle-là des "Lagardère Boys". Guerre de succession après la mort de Jean-Luc Lagardère. Qui doit prendre la tête d'EADS? Dans le documentaire, on entend l'un des protagonistes (ils sont quasiment tous interrogés) dire qu'il était le mieux placé puisqu'au lycée avait pris "allemand, première langue". Autre scène édifiante: le moment, où dans les ateliers à Toulouse, les ingénieurs s'aperçoivent qu'il manque 5 petits centimètres aux câbles électriques, pour raccorder les 2 parties du fuselage de l'A380... l'une fabriquée en Allemagne, l'autre en France: Airbus, du coup, ne pourra pas honorer son carnet de commandes. C'est la cause de son effondrement en bourse, en juin 2006. Qui va épargner ceux qui ont vendu leurs actions juste avant. "En 10 minutes de visite des ateliers, on était convaincu de l'important retard pris" affirme un témoin, pour nous éclairer sur le délit d'initié, en cours d'examen par la justice. Le documentaire donne une clé pour comprendre tout ça: à EADS, c'est la logique financière qui s'est imposée à la logique industrielle. La croissance, l'année prochaine, sera meilleure que prévue. C'est François Fillon qui l'affirme. Alors que le Parlement examine, en ce moment, le projet de budget 2010, avec une prévision de croissance fixée à 0,75%, le Premier ministre, hier, a affirmé qu'il anticipait, désormais, une croisance économique comprise entre 1 et 1,5i%. 2 fois plus, donc. Pour François Fillon, c'est le maintien du pouvoir d'achat et de la consommation des ménages qui permettent d'être un peu plus optimiste. 2013, plutôt que 2014... La Commission européenne, en tout cas, s'apprête à réclamer à la France de ramener, dès 2013, son déficit budgétaire sous la limite des 3%. Actuellement, on est à plus de 8. Comme prévu, 3 candidats. Areva a reçu, hier, 3 offres de rachat de sa filiale T&D, Transmission et Distribution. Cette vente est imposée par le gouvernement pour injecter de l'argent frais dans le groupe nucléaire. Qui en manque. Les 2 offres étrangères... celles du japonais Toshiba et de l'Américain General Electric... seraient sensiblement supérieures à celle du tandem français Alstom/Schneider Electric.

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