C'est un constat définitif d'échec. L'échec de la fusion de 1996. Aujourd'hui, on reprend les mêmes (dans un triste état: laminés par la crise) et on refait tout le chemin à l'envers! La banque franco-belge Dexia va être démantelée, "défusionnée", si on ose dire. C'est officiel depuis cette nuit. La Belgique va reprendre la partie belge de la banque. Et la France, sa partie française. Les termes de la séparation ont été âpprement discutés, tout au long du week-end, et désormais, on connaît le dispositif retenu. Un démantèlement à 3 étages.Première décision. Le gouvernement belge va nationaliser Dexia Banque Belgique. C'est une question de confiance: Dexia en Belgique est une banque de détail. Ses clients sont des particuliers. Il faut donc éviter, à tout prix, les retraits massifs d'argent. Bruxelles affirme avoir obtenu un bon prix: 4 milliards d'euros.Deuxième décision. La France ne va pas nationaliser la partie française de Dexia mais c'est tout comme, elle s'en remet à deux structures publiques pour rependre l'activité de financement des collectivités locales françaises : la Banque postale et la Caisse des dépôts. Elle vont se partager le portefeuille de crédits de Dexia, y compris ses emprunts toxiques. Ce qui suscite l'inquiétude. On ne connaît pas l'ampleur des pertes qui pourraient être passées, au terme des procédures judiciaires lancées, ou des renégociations des prêts qui pourraient être engagés.D'autant que ce n'est pas le seul foyer de pertes potentielles, troisème décision. Il va être créé, comme pour le Crédit Lyonnais en son temps, une structure de défaisance, une "bad bank", chargée de se débarasser des actifs pourris de Dexia. Il y en a pour la bagatelle de 90 milliards d'euros. Qui en veut? La Belgique va en garantir la majeure partie. Le Luxembourg, concerné également, 3,5%. La France seulement à peine plus d'un tiers. Pour Paris, c'était (dit-on) le point clé de cette négociation: ne pas s'engager trop sur cette partie du sauvetage de Dexia, pour ne pas perdre le sacro-saint triple A, accordé par les agences de notations.

Plan B . Angela Merkel et Nicolas Sarkozy annoncent une recapitalisation des banques et la révision des Traités européens, au terme de leur rencontre, hier à Berlin. La chancelière allemande et le Président français n'ont donné aucun détail, et se donnent moins d'un mois pour y arriver. Côté institutions, Nicolas Sarkozy veut une "plus grande intégration de la zone euro". Concernant les banques, la presse allemande affirme que les établissements français seraient d'accord pour une recapitalisation comprise entre 10 et 15 milliards d'euros, à condition qu'en Allemagne la Deutsch Bank accepte, elle aussi, une augmentation de capital.Contre l'austérité... journée de mobilisation syndicale demain, partout en France. Près de 200 rassemblements sont annoncés, mais peu de grèves... à part dans transports. Attention, perturbations annoncées à la SNCF, et à la RATP.Nobel. Le prix Nobel d'économie 2011. Il sera dévoilé, à la mi-journée, tout à l'heure.

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