Le suspense n'était pas intenable: depuis dimanche et les révélations de la presse, tout le monde avait compris, et chacun s'y préparait. Le service de presse de la Fnac appelait, d'ailleurs, les journalistes "au sujet de ce que vous savez, mais qu'on ne peut confirmer officiellement. Mais oui c'est vrai, ça fera d'ailleurs l'objet d'une communication, mardi soir". Hier soir, donc, le communiqué officiel est tombé. PPR, le groupe créé par François Pinault, et dirigé aujourd'hui par son fils, François-Henri, va se séparer de la Fnac. Et comme annoncé, il s'agira bien d'un "spin off", autrement dit d'une scission par distribution d'actions, puis par introduction en bourse. L'opération devrait s'effectuer, l'année prochaine. A ce stade, l'annonce ne s'accompagne d'aucune mauvaise nouvelle directe pour les salariés. La Fnac s'en tient, et c'est déjà pas mal, au plan de restructuration en cours, c'est-à-dire la suppression de 500 postes. Les syndicats-maison sont rassurés, mais ne veulent pas être dupes: "la direction fait attention à ne pas perturber la période de fin d'année, toujours cruciale pour les ventes", explique un délégué CGT de la Fnac, qui a du mal, finalement, a dire s'il aurait préféré être racheté par un investisseur, plutôt que d'être introduit en bourse. Un Fonds de pension, ou un Fonds d'investissement "vautour", ce n'est pas forcément le gage d'un avenir serein, pour les salariés. Faute de repreneur, PPR, lui assure que la bourse, c'est la bonne solution, pour la Fnac. Certes l'enseigne est malmenée (la "dématérialisation" du disque, des livres, des films la plombe. La concurrence d'internet aussi. Et la crise, tout simplement, qui réduit les achats culturels), mais la Fnac a entamé son redressement, se diversifie, et peut s'en sortir seule. Commentaire, sans détour, d'un analyste: "mettre en bourse, dans le contexte actuel, un actif qui s'avère invendable... si ça marche, ce sera du grand art". Pour PPR, en tout cas, l'opération s'inscrit dans un processus de recentrage sur le luxe, annoncé de longue date. Elle doit aussi et surtout permettre de remonter le cours de bourse. La Fnac, c'est 30% de son chiffre d'affaires aujourd'hui mais seulement 4% de son profit. Sortir la Fnac, c'est augmenter mécaniquement sa marge opérationnelle. Ce que pourrait perdre la famille Pinault avec Fnac, qui vaut moitié moins qu'il y a 3 ans, elle le regagnera avec un titre PPR revigoré, à la bourse. Voilà bien son pari.

A venir. La fusion EADS/BAE: la décision pourrait tomber dans les minutes qui viennent. Aujourd'hui, en tout cas. Les 2 groupes aéronautiques ont, théoriquement, jusqu'à ce soir, 16h GMT, 17h, heure de Londres, pour se pononcer sur leur projet de fusion. Ils pourraient, en fait, réclamer un délai supplémentaire pour boucler leurs négociations. Hier, c'est Berlin qui semblait freiner, et bloquer l'Accord.Avenir. Les emplois d'avenir (emplois subventionnés pour des jeunes pas ou peu qualifiés) définitivement adoptés par le Parlement, hier soir. Les premiers contrats devraient être signés, début novembre.

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