A l'Assemblée, à Bercy, on les appelle les "millards Cahuzac". Aucun rapport avec son compte à l'étranger. Les "milliards Cahuzac", c'est le "cadeau" laissé par l'ancien ministre du Budget, avant de quitter le gouvernement: 5 à 6 milliards d'impôts à trouver en 2014. Quand Jérôme Cahuzac était encore, à Bercy, ils portaient un autre nom: on les appelait les "one shot". Ce sont des impôts, collectés cette année (en 2013), mais qui vont mécaniquement, disparaître, en 2014, ou ne plus avoir le même rendement. Des "fusils à un coup", autrement dit. On trouve dans cette catégorie: une taxation accrue et temporaire des assureurs, ou une mofication du régime des accomptes d'impôts des grandes entreprises. En février dernier, le ministre avait fait sensation en les évoquant. L'ambiance, au gouvernement, était déjà à promettre la "stabilité fiscale". Mais Jérôme Cahuzac avait mis les pieds dans le plat, en retournant l'argument: "la stabilité", avait-il expliqué alors, ça veut dire qu'il va falloir trouver comment combler cette perte mécanique de recettes, parce qu'au regard de la situation de nos finances, "on n'a pas le choix". 7 mois plus tard, on y est toujours: les "milliards Cahuzac" font, bel et bien, partie de l'équation budgétaire en cours de résolution, à Bercy. Et ils n'ont rien perdu de leur pouvoir de nuisance parce qu'ils brouillent le message de la "pause fiscale" décrêtée par François Hollande. Les impôts ne doivent pas augmenter (ou à peine) mais il faut quand même en créer de nouveaux, ou en augmenter d'autres: c'est à devenir fou! Les entreprises, jusqu'à tout récemment, se préparaient à être les plus sollicités, mais -c'est la tendance lourde du budget à venir-, elles seraient, au final, moins mises à contribution que prévu. Mécaniquement, les ménages le seraient un peu plus. A moins qu'un effort d'économies supplémentaires sur les dépenses soit décrêté (il est déjà fixé à 14 milliards). On sait aussi que de petites marges de manoeuvre (grâce au surcroît de croissance) sont apparues. La chasse aux niches, et le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale pourraient aussi aider. Mais qu'on ne s'y trompe pas, quelque part dans le budget 2014, qui sera présenté dans quelques jours, subsistera bien ce drôle d'héritage, les "milliards Cahuzac".

Leçon. Bruxelles fait la leçon au gouvernement français. C'est dans le Figaro. Le Commissaire européen aux Affaires économiques donne son avis sur la réforme des retraites. "C'est une réforme... à la française!" commente Olli Rehn, ce qui ne doit pas être un compliment dans sa bouche. Il s'explique, s'inquiètant d ela compétititvité française: "est-ce une bonne méthode d'annoncer, tout de suite, de nouvelles charges, en promettant pour l'avenir une compensation en faveur des entreprises". Le Commissaire européen demande, du coup, à la France d'expliquer comment elle va baisser le coût du travail. Olli Rehn affirme avoir eu, sur cette question, une "sérieuse discussion" avec Pierre Moscovici, ce week-end, en marge du G20 de Saint-Pétersbourg.Espoir. Carlos Ghosn confiant: le marché de l'automobile est en train de "sortir du tunnel", selon le patron de Renault. "2013 est une année record" dans le monde", dit-il, avec plus de 80 millions de véhicules vendus. Et ce sera encore mieux l'année prochaine. Selon lui, après 5 ans de recul, le marché européen de l'automobile devrait renouer avec la croissance, en 2014.

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