En décembre 2012, Alexandre de Juniac avait reçu le Prix du "Manager de l'année". Le patron d'Air France était récompensé pour le plan de redressement de la compagnie qu'il venait de mettre en place, "Transform 2015". Pierre Moscovici lui remettant ce Prix avait salué sa méthode "fondée sur le dialogue, sur l'idée qu'il faut aller vite et sur la notion de justice", avait dit le ministre. Beaucoup d'autres, à l'époque, admiraient son tour de force: la suppression de 5 mille postes chez Air France (2 800 supplémentaires suivront), sans grève massive. Nous voici presque 2 ans plus tard. Alexandre de Juniac est devenu PDG de l'ensemble du groupe, Air France-KLM, son plan "Transform" commence à porter ses fruits (il vise un résultat d'exploitation positif "ce qui n'est pas arrivé depuis bien trop longtemps" dit Juniac) mais un autre Plan stratégique secoue à nouveau la compagnie. Il s'appelle "Perform 2020" (on admire la créativité dans la recherche des noms de ces plans) et le ton a changé: le patron d'Air France-KLM donne l'impression cette fois-ci, d'être prêt à aller au clash alors que les pilotes ont déposé un préavis de grève d'une semaine, à partir de lundi prochain. Bien-sûr, les négociations se poursuivent avec les syndicats, toute la journée, encore hier, mais pour la première fois, Air France prend les devants et propose à ses clients de décaler, sans frais, leurs vols, manière de dire que la direction se prépare bien, cette fois-ci, au conflit. Dans une interview accordée, ce matin, aux Echos, Alexandre de Juniac rappelle la logique de son plan: "un plan de développement et pas de restructuration", avec des emplois à la clé, et 1 milliard d'euros d'investissement dans sa filiale Transavia. C'est le point majeur de crispation avec les pilotes: l'accélération du déploiement de la filiale low cost d'Air France. En Europe, aux conditions sociales de chaque pays. En France, avec des contrats proposés aux pilotes moins favorables. Les syndicats réclament un contrat de travail unique, sur l'ensemble du groupe. Réponse d'Alexandre de Juniac, ce matin: "on naît low cost, on ne le devient pas. Si on pouvait faire du low cost avec les règles d'une compagnie traditionnelle, cela se saurait", ajoute-il pour prévenir qu'il restera inflexible sur ce point.

Time. C'est l'heure des comptes pour le gouvernement. Hier soir, Bercy a annoncé la tenue d'une conférence de presse, ce matin, au ministère. Ce sera dans une heure: elle n'était pas prévue, en tout cas officiellement. Michel Sapin, le ministre des Finances et Christian Eckert, son secrétaire d'Etat au Budget, convoquent la presse pour un "point sur la situation économique et les finances publiques": c'est écrit comme ça sur l'invitation. Ca ressemble fort à "l'opération vérité" que l'éxécutif annonce depuis la rentrée. Croissance, réduction des déficits: tout devrait être revu à la baisse. Selon les Echos, le gouvernement doit, également, annoncer qu'il maintient, finalement, son objectif de 21 milliards d'économies, l'année prochaine.

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