Saura-t-on, un jour, pourquoi le patron d'EDF, Henri Proglio, a eu "table ouverte" à l'Elysée durant tout ce quinquennat? C'est Anne Lauvergeon, qui pose cette question, aujourd'hui, dans une longue interview accordée à l'Express. L'ancienne patronne d'Areva y règle quelques comptes, "avant-goût" d'un livre qui doit sortir dans quelques jours. "La femme qui résiste", c'est son titre. Si tout le livre est sur le ton de l'interview, on ne va pas être déçu. A moins, que comme avec certains films, les meilleures répliques soient dans la bande-annonce. En tout cas, l'entretien vaut le détour. L'ancienne conseillière de François Mitterrand, à l'Elysée, celle que l'on dit, également, en bonne place pour devenir ministre en cas de victoire de François Hollande, Anne Lauvergeon balance. A propos de Nicolas Sarkozy d'abord, qui l'a évincé de la direction d'Arava, qui voulait "vendre du nucléaire à Khadafi" et qui "ne voulait faire qu'un mandat, avant d'aller gagner de l'argent chez Bouygues". Nicolas Sarkozy qui a fait aussi commis 5 erreurs "graves" sur le nucléaire, selon Lauvergeon. Dont celle de nommer -on y vient- Henri Proglio à la tête d'EDF. "A lui personnellement, je ne lui reproche rien mais à ses méthodes, beaucoup de chose!" dit l'ancienne patronne d'Areva. Il est arrivé en se proclamant chef de la filière nucléaire. En la critiquant aussi. "Pour se sentir si fort, il fallait bien qu'un axe d'airain se constitue, fait de politiques et d'intermédiaires, afin de servir ses intérêts". Anne Lauvergeon poursuit: "s'est organisé un "système de clan, de bandes et de prébendes". Voilà Henri Proglio, habillé pour l'hiver. Pour cet été, il peut s'inquièter puisque, dans un entretien à l'agence Reuters hier, c'est Michel Sapin, chargé du programme de François Hollande, qui enfonce de clou: "la question du maintien d'Henri Proglio se posera en cas de victoire de la Gauche" dit-il. Ses prises de positions contre la sortie du "tout-nucléaire" prônée par le PS (grossissant ses conséquences, en terme de coût financier et d'emplois) rendent, forcément, sa postion, à la tête d'EDF... "délicate", conclut Michel Sapin.

Recul. Mauvaise journée, hier, à la bourse: l'inquiètude revient. -3%, hier, pour le CAC40. Surtout à cause de l'Espagne: ses taux d'intérêts grimpent à presque 6%, comme au pire moment de la crise. Les mesures de rigueur annoncées, par le gouvernement Rajoy ne rassurent pas les investisseurs. Au contraire, ils s'inquiètent, maintenant pour la croissance. L'OCDE voit quelques signes de reprises: en Allemagne et au Royaume-Uni. Mais pas en France, ni en Italie.Guichet. La ruée au guichet de départ de la Société Gérérale. La banque souhaite supprimer 900 postes dans sa branche de financement. Selon les syndicats, -signe d'un malaise- plus de 2 mille salariés ont exprimé leur volonté de partir.

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