C'est le Financial Times qui l'écrit comme ça, ce matin: dans l'ambiance délétère actuelle, Bernard Arnault offre un peu de "réconfort" au gouvernement français. Le conseiller d'un ministre pensait la même chose, hier soir: "Arnault nous rend service, avec cette interview". Le même conseiller jurait d'ailleurs qu'à Bercy, personne n'avait été prévénu: "dans l'habile stratégie du patron de LVMH, il avait aussi l'effet de surprise!" dit-il. Et quelle surprise! Bernard Arnault, hier, dans le quotidien du soir, a annoncé qu'il renonce, finalement, à sa demande de nationalité belge. 7 mois après avoir provoqué un tollé général, le patron du n°1 mondial du luxe fait machine arrière. Il s'en explique: il s'agissait bien de régler les modalités de sa succession. Pas (forcément) pour payer moins d'impôts, mais pour s'assurer du maintien en l'état de son groupe. Mais il adresse aussi et surtout, dans cette incroyable interview, une forme de soutien à François Hollande. Ironique, un spécialiste de la communication lâche: "il n'y a plus que 26% des Français qui font encore confiance à François Hollande, et parmi eux, il y a Bernard Arnault!". Parce que dans cette interview, le grand patron dit, redit, en fait "des tonnes" sur sa confiance en l'avenir de la France. Bien sûr, comme tous les grands patrons, il regrette que l'image des chefs d'entreprises, en France, soit si mauvaise alors que "monsieur Tata, en Inde, Warren Buffet, aux Etats-Unis sont des "stars". Bien sûr, Bernard Arnault dénonce le niveau français des prélèvements obligatoires, la dépense publique trop élevée, le nombre de fonctionnaires mais malgré ça il croit en l'avenir du pays. Et donne des gages aux Socialistes. Rétrospectifs, d'abord: "c'est quand Pierre Bérégovoy était ministre de l'économie que l'entrepreneur, en France, était vu comme un héros national". Et pour aujourd'hui, sur la taxe à 75%, qu'il avait donné l'impression de vouloir fuire en s'installant en Belgique. Elle ne l'enchante pas évidemment mais il reconnaît qu'elle est temporaire, qu'elle sera payée par les entreprises, et affirme, surtout, qu'il "résiste" à l'expatriation fiscale que lui demandent les cadres dirigeants de son groupe. Au nom du redressement du pays! Un patron exemplaire, donc mais les ficelles sont grosses. On comprend aussi que s'il agit ainsi c'est parce que sa demande pour devenir Belge a déjà essuyé 2 refus (lui, dit qu'il avait des "chances importantes"), parce qu'elle a provoqué un tollé qui porte atteinte à l'image de LVMH, mais aussi -incroyable aveu- parce que ses démarches ont été rendues publiques alors qu'on lui "avait promis la discrétion". Cette phrase, ses communiquants auraient dû la faire retirer" commente un expert de la com'.

Bon bilan. On commence avec Jérôme Cahuzac... et son très bon bilan en matière de lutte contre la fraude fiscale! Et c'est son successeur à Bercy, Bernard Cazeneuve, qui le dévoile, ce matin, dans les Echos. Les contrôles fiscaux, en 2012 (c'est à dire quand Jérome Cahuzac était ministre du budget, et chapeautait l'administration fiscale. On n'oublie pas Valérie Pécresse, les premiers mois)... les contrôles fiscaux en 2012 ont permis d'encaisser, au total, 18 milliards d'euros de droits et de pénalités. C'est 10% de plus en 1 an. En pleine tourmente de l'affaire Cahuzac, Bernard Cazeneuve parle d'un bilan "spectaculaire".PC. Le marché des ordinateurs en chute libre. Les ventes mondiales de PC ont reculé de 14%, au début de cette année. C'est du jamais vu. La principale explication avancée, c'est la concurrence des tablettes numériques et des smartphones.

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