Le gouvernement l'a présenté, hier, comme une "bonne nouvelle": le prix du gaz n'augmentera pas, cet hiver, en France ! Mieux, si les cours du pétrole restent au niveau où ils sont aujourd'hui (on le sait : le prix du gaz est indexé sur celui du brut), on pourrait même envisager une baisse, au 1er avril prochain. Au sortir de l'hiver, donc. Cette "bonne nouvelle", les associations de consommateurs se sont empressées de la relativiser, hier et même de la nier : c'est la "moindre des choses" dit l'une. C'est même une "mauvaise surprise" surrenchérit une autre - ça fait des semaines, en fait, qu'elles réclament une baisse "importante et immédiate" des tarifs du gaz. Leur constat est simple : entre le mois de janvier et le mois d'août, ces tarifs ont augmenté de 15%, en raison de la flambée des cours du pétrole, mais depuis la dégringolade du baril (147 dollars en juillet ; 44 dollars aujourd'hui), les tarifs de GDF Suez restent au même niveau ! Ce problème n'est pas nouveau. On le connaît pour le prix des carburants, à la pompe. Pour le gaz, il renvoit à un mode de calcul du prix extrêmement compliqué, et qui date, surtout, des années 60, quand les prix n'étaient pas aussi volatiles qu'aujourd'hui. La règle en vigueur, c'est celle dite du 6/1/3 : pour calculer le prix du gaz, on prend la moyenne des 6 derniers mois du prix des produits pétroliers (6), moins le dernier mois (1) et on applique ce prix pendant 3 mois (c'est le 3). D'où : 6/1/3. On dirait une partie de Boneto ! On n'arrive pas à suivre... sauf qu'on comprend que si on appliquait la formule, strcitement aujourd'hui, il faudrait prendre en compte les prix très élevés de juin-juillet-août et donc augmenter le prix du gaz ! A GDF Suez, on parle donc d'un manque à gagner. Côté consommateurs, on réclame une remise à plat de tout le système de calcul, très opaque. On souligne aussi -et c'est vrai !- que GDF Suez continue à engranger d'importants bénéfices. A la hausse comme à la baisse. Bon Sommet à tous... C'est un Sommet européen ambitieux -et compliqué !- qui commence aujourd'hui, à Bruxelles. Les raisons de se fâcher ne manqueront pas. Au menu, il y a l'avenir du Traité de Lisbonne (la réforme des institutions, rejetée par l'Irlande) et ce qu'on appelle le "paquet énergie-climat" (la réduction des gaz à effet de serre). La question tout aussi sensible de la baisse des taux de TVA, notamment dans la restauration, devrait être également évoquée. Enfin, les 27 doivent entériner le Plan de relance élaboré par Bruxelles. Là, finalement, peu d'enjeu, puisque chacun a fait comme il a voulu. Dans la presse ce matin, le ministre allemand des Finances se paie, d'ailleurs, Gordon Brown : la baisse de la TVA que vient de décider le Britannique, c'est du "Keynésianisme grossier", affirme le ministre allemand, "des milliards perdus qu'une génération entière devra rembourser". Toujours pas de Plan. Aux Etats-Unis, le plan de sauvetage des constructeurs automobiles : 15 milliards pour General Motors et Chrysler. Les mesures ont été adoptées à la Chambre des représentants, cette nuit. Au Sénat, les Républicains espèrent encore bloquer le texte. Encore des dégraissages ! Rio Tinto Alcan baisse sa production d'aluminium de 10%, dans son usine de Dunkerque. C'est un ancien site Pechiney. Le géant minier annonce, également, la suppression de 14 mille emplois dans le monde. Dont 1 500 en France, selon les syndicats.

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