C'était il y a quelques jours, au Café de la Salle Pleyel, choisi parce qu'il est tout près du siège de PPR, à Paris. Le déjeuner va se terminer, et le responsable de la communication du groupe dirigé par François-Henri Pinault s'étonne: "Tiens, vous ne m'avez pas posé la question que tout le monde me pose d'habitude?". Ah bon, laquelle? "Quand est-ce que vous changez de nom?". C'est vrai ça: PPR, depuis que le groupe a décidé de se recentrer sur le luxe et le "lifestyle" (comme on dit), en se débarassant de ses activité de distribution (la Fnac, c'est pour l'année prochaine), PPR, ça ne signifie plus grand chose. "Le Printemps" est vendu, et "La Redoute" le sera bientôt. Reste donc, 1 seul "P", le "P" de Pinault. Notre interlocuteur répond alors à la question qu'on a pas posée: "non, le processus n'est pas encore vraiment lancé, mais, oui, François-Henri Pinault réfléchit effectivement à changer le nom de son entreprise". On comprend que ce sera, peut-être, chose faite, dès l'année prochaine. Avant cette précision, c'est toute la stratégie de PPR qu'on avait décortiquée: PPR, a-t-on compris, veut développer un "ensemble de marques puissantes, complémentaires, et à fort potentiel de croissance". Hier, le groupe l'a prouvé en annonçant l'acquisition du joaillier chinois Qeelin. Ce n'est pas une grosse opération, au sens "très coûteuse" (le prix de l'opération n'a pas été révélé, d'ailleurs) mais la démarche est nouvelle pour PPR: en plus de vendre mondialement ses marques, italiennes surtout, mais aussi françaises et suisses (symboles, toutes, du luxe et du savoir-faire européen en la matière), le groupe de François-Henri Pinault se sent obligé, aujourd'hui, d'acquérir une marque chinoise, pour pénétrer un peu plus encore, le marché chinois et conquérir des nouveaux consommateurs chinois, au pouvoir d'achat élevé. Alors Qeelin a été créée par un Français. La marque a été lancée lors d'un festival de Cannes, il y a quelques années, mais elle sonne quand même bien "chinois", avec notamment, à son catalogue, des pandas (le panda, héro national) en diamant. Acheter, ou créer des marques chinoises, pour s'assurer un succès en Chine, c'est désormais une tendance lourde du luxe. PPR n'est pas le premier à se lancer, après Richemont, le propriétaire de Cartier. Et après Hermès.

Grèce. Il manque quelques milliards d'euros pour sauver la Grèce. La nouvelle est passée discrètement hier, mais Athènes a dû reconnaître l'échec de l'opération de rachat de sa dette publique, préalable au versement de l'aide européenne promise. La manoeuvre vise à racheter de titres de dette grecque avec une décôte de 30 à 40%, avec une perte importante, autrement dit pour ceux acceptent de vendre. L'objectif est de récupérer, ainsi, 30 milliards d'euros, mais faute d'avoir atteint cette somme, l'opération a été prolongée, en urgence, jusqu'à aujourd'hui midi.Négatif. Hier, toujours sur le marché des dettes souveraines, les taux italiens sont repartis à la hausse face à l'incertitude politique. Tout comme ceux de l'Espagne. A l'inverse, et c'est ce qu'on appelle la "fuite vers la qualité", la France a réussi, hier, à s'endetter à des taux, une nouvelle fois, négatifs, sur une durée d'un an. Les investisseurs ont prêté 1 milliard 300 millions d'euros à notre pays, en acceptant de perdre 150 mille euros!

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.