Aujourd'hui à Bruxelles, va se jouer une "drôle de partie" pour BNP Paribas. Les actionnaires de Fortis, réunis en Assemblée générale, sont invités à se prononcer sur le démantèlement de leur groupe, et la vente d'une partie de ses activités à la banque française. Fortis (vous vous en souvenez), c'est notre "Lehman Brothers à nous", les Européens : au plus fort de la crise financière fin septembre, elle était apparue comme le "maillon faible". Laminée en bourse, totalement à court de liquidités, elle s'en était remis aux 3 Etats où elle "commerce": le Luxembourg, les Pays-Bas et la Belgique - la Belgique décidant finalement, début octobre (et au terme d'un des longs week-ends de négociations qui ont marqué cette période) de re-vendre Fortis à BNP Paribas. Une "très belle affaire", alors, pour la Française qui claironnait partout son succès, faisant d'elle la première banque de dépôt de la zone euro ! Mais c'était sans compter avec les petits actionnaires de Fortis : se sentant "floués" par cet accord, ils ont protesté, saisi la justice. Le sauvetage Fortis est devenu le "Fortisgate" - un scandale politique - quand on s'est aperçu que le Premier ministre belge avait fait pression sur la justice pour faire valider le projet. Ce qui a, finalement, coûté son poste à Yves Leterme. La belle affaire est devenue une "vraie galère" pour BNP Paribas qui, avec cette histoire, a vu son étoile palir : la banque de Michel Pébereau, qui jusque là pouvait se dire relativement épargnée par la crise, a vu les regards changer autour d'elles et son cours de bourse plonger. Finalement, elle a dû renégocier, à la baisse, l'accord de rachat de Fortis. C'est ce nouveau texte que doivent valider les actionnaires de Fortis, aujourd'hui, mais le front du refus est toujours aussi fort. Un "non" est possible. Probable même. Pour BNP Paribas, ce serait une "claque". Pour la Belgique, une nouvelle "bourrasque". L'échec de l'accord pourrait replacer Fortis dans une situation aussi délicate qu'à l'automne dernier. "Info ou intox" (avant le vote), le gouvernement belge se préparerait à une possible ruée des clients aux guichets ! Aux Etats-Unis, une journée à 3 mille milliards de dollars ! Avec d'abord, l'adoption, au Sénat, du Plan de relance, voulu par Barack Obama. Plus de 800 milliards. Des négociations, pas forcément faciles, commencent maintenant, avec la Chambre des représentants, pour élaborer, le Plan définif. Au même moment, le gouvernement américain a présenté un nouveau Plan de sauvetage, cette fois-ci, du système bancaire et financier. Jusqu'à 2 mille milliards de dollars vont être mobilisés ! En clôturant en baisse de plus de 4%, Wall Street a mal accueilli ces mesures, jugées trop compliquées, pas assez ambitieuses... et surtout pas totalement assumées par l'Etat, puisque le secteur privé va devoir, lui aussi, payer ! 2008 mitigé. Les résultats 2008 pour les grandes entreprises. On en attend plusieurs, ce matin, c'est la saison. PSA Peugeot Citroën annonce des pertes de 343 millions d'euros. "2009 sera également négatif", prévient Christian Streiff, son président. Danone voit son bénéfice fondre de presque 70%. 1 milliard 300 millions, quand même. Arcelor Mittal annonce, pour sa part, un peu plus de 9 milliards de dollars de bénéfices.

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