Certains doivent vivre ça, ce matin, comme un suspense intenable. Dans quelques minutes, on saura qui de Total (le groupe pétrolier doit publier à 8h pile ses résultats annuels) ou de Sanofi-Aventis, le grand labo pharmaceutique, sera celui qui a réalisé les plus gros bénéfices, l'année dernière! Depuis quelques années, la question ne se posait pas, Total écrasait tout le monde, jusqu'à ce "record historique" de 2008: presque 14 milliards d'euros de bénéfices. Le plus gros profit de tous les temps, réalisé par une entreprise française. Quand il annonçait ses résultats, l'année dernière à la même époque, le Directeur général de Total, avait prévenu: "cet exploit n'est pas appelé à se reproduire" avait-il dit, puisque les cours du pétrole sont en train de repartir à la baisse. Christophe de Margerie ne semblait, d'ailleurs, pas très chagriné, par cette situation: faire (un peu) moins de bénéfices, voire perdre la première place sur le "podium des profits du CAC 40", le patron de Total y voyait comme un moyen de faire baisser la pression médiatique sur lui. Lui, qui se fait une spécialité d'annoncer, en même temps -ou quasiment en même temps-, des "profits géants" et des "suppressions d'emplois". C'est encore vrai cette année, avec la fermeture programmée de la raffinerie de Dunkerque! Mais, le premier des "grands méchants loups 2009" sera donc, peut-être Sanofi-Aventis! Hier, le groupe pharmaceutique a annoncé, un bénéfice net de presque 8 milliards d'euros. La première place, avec Total, se joue donc à quelques millions près. Bataille vaine évidemment, surtout que pour tout le reste, Sanofi fait comme son rival: ses profits ne l'empêchent pas de supprimer des emplois. 3 mille, selon les syndicats qui dénoncent la course à la rentabilité et le "cynisme" de leurs patrons. En fait, la pharmacie et le secteur du pétrole semblent suivre, aujourd'hui, une trajectoire assez parallèle: leur avenir est incertain (il y a les médicaments génériques, pour les uns, la fin annoncée du pétrole, pour les autres). Du coup, ils se restructurent, taillent dans leur effectifs, pour préparer l'avenir. Tout en continuant, à ce stade, d'engranger d'immenses bénéfices! Le marché de l'emploi pour les cadres continue de se dégrader! La crise en 2009 n'avait pas épargné les cadres: les recrutements ont reculé de 28%, l'année dernière! 2010, selon l'APEC ce matin, ne sera guère meilleure. Selon les prévisions de l'organisme, qui s'occupe de l'emploi des cadres, les entreprises ne prévoient, pour les prochains mois, qu'entre 130 et 138 mille embauches. Une nouvelle baisse de 4 à 10% des recrutements. Pour les jeunes, ce sera pire: seuls 23 mille postes seront proposés cette année aux jeunes diplômés. 23 mille, c'est moins que le nombre des diplômés qui sortent des seules écoles d'ingénieurs! Pour l'APEC, il faudra attendre 2011 pour espérer une embellie. L'Europe au chevet de la Grèce. Les Vingt-Sept se réunissent, ce matin, à Bruxelles, pour, notamment, élaborer un plan de soutien à Athènes. La France et l'Allemagne sont, semble-t-il, en première ligne pour trouver une solution. Et pour cause, les banques françaises et allemandes détiennent, aujourd'hui, 40% de la dette grecque. Le conflit social chez Ikéa. Avec grève et fermetures de certains magasins. Conflit pour les salaires. Les syndicats, cette nuit, ont mis fin à l'occupation siège français du groupe, dans les Yvelines. Une nouvelle séance de négociation avec la direction doit se tenir, dans le journée.

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