"Franchement, on peut dire un grand merci à Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale! Sans lui, on n'aurait, sans doute, pas pu aller aussi loin dans cette réforme bancaire!". C'est mi-ironique, mi-sérieuse que Karine Berger, la députée, rapporteure du texte, raconte comment, selon elle, s'est jouée une partie très serrée, la semaine dernière, à l'Assemble nationale. Sa collègue, la députée PS Valérie Rabault confirme: "on a obtenu, au final, quelque chose de très bien, notamment sur la tenue de marché", l'un des points très technique de la réforme, mais un point essentiel. Valérie Rabault, aussi, remercie le patron de la Société Générale. On comprend que sans sa "bourde", ou sa franchise, c'est comme on voudra, la réforme bancaire, tant critiquée, n'aurait pas été celle qui sera, finalement, examinée, à partir de demain à l'Assemblée Nationale. Pierre Moscovici, ici même jeudi dernier, a dit sa satisfaction, "les députés ont très nettement amélioré mon texte" vous a-t-il dit, Patrick, précisant, hors antenne que tout ça n'était que "tactique". Dans les rangs du groupe socialiste, où on critiquait une réforme trop timorée, trop favorable aux banques, on atténue également, les critiques, désormais. Parce que le volet "protection des usagers des banques" va être, finalement, renforcé. Mais aussi et surtout parce que la séparation des activités des banques va être plus importante que prévue. On le sait, la réforme proposée ne préconise pas de couper les banques en 2, mais simplement de créer une filiale réunissant les activités "spéculatives" des banques, celles qu'on ne sauvera pas, qu'on ne sauvera plus avec l'argent des contribuables: c'est le principe. C'est sur ce point que Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale a joué contre son camp, lors de son audition à l'Assemblée nationale, fin janvier. On peut voir et revoir la vidéo sur le site internet de l'Assemblée, c'est édifiant. Pressé de dire la part de ses activités qui serait filialisée, il l'a chiffrée à... 0,75%. "5% de 15%" a-t-il dit d'abord pour tenter de noyer le poisson, mais les députés ont vite fait le calcul". 0,75%, autrement dit presque rien! Selon plusieurs députés, c'est cet aveu qui a convaincu, effectivement, le gouvernement et l'Elysée de "durcir", finalement, le texte. Et les très, très nombreux coups de fil insistants passés par les banquiers pour tenter de corriger la bourde n'auront pas réussi, finalement, à corriger le tir.

Equilibre. Le bonus-malus automobile n'a rien coûté à l'Etat, l'année dernière. C'est le journal Les Echos qui l'affrme, ce matin. Ce bonus-malus auto a été mis en place en 2008. Il devait être, dès l'origine, équilibré, les malus payant les bonus, sauf que jusqu'ici ça n'avait jamais été le cas. Le système a coûté, au total, presque 1 milliard et demi d'euros. Selon les Echos donc, 2012 est la première année "équilibrée". Parce que les critères, le montant des bonus et des malus ont été resserrés. Et parce que les ventes d'automobiles, en France l'année dernière, ont très nettement reculé.Déséquilibré? La réforme du marché du travail. C'est aujourd'hui que le gouvernement doit présenter son projet de transposition, dans la Loi, de l'Accord conclu en janvier, par le patronat et 3 syndicats. En fin de semaine dernière, le Medef a fait savoir son mécontentement. Ce matin, 2 points poseraient toujours problème à ses yeux: les modalités de la réprésentation des salariés dans les Conseil d'administration des entreprises, et les conditions de la mise en place d'une complémentaire santé pour tous les salariés.

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